Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Il se retourna pour faire face à Decker. Les photographies avaient été rassemblées et posées à l’envers sur la table.
— Vous vous rappelez quelque chose ? dit le docteur, percevant un changement sur le visage de Boone.
— Oui, répondit-il.
— Quoi ?
— C’est moi, dit simplement Boone. C’est moi qui ai fait ça.
II
Enquête
1
Decker était le procureur le plus indulgent qu’un accusé eût pu souhaiter. Les heures qu’il passa avec Boone dans les jours qui suivirent furent occupées par des questions soigneusement posées grâce auxquelles— meurtre après meurtre — ils examinèrent ensemble les indices relatifs à la vie secrète de Boone. En dépit de l’insistance avec laquelle le patient revendiquait les crimes pour siens, Decker lui conseilla la prudence. Avouer sa culpabilité ne constituait pas une preuve formelle. Ils devaient s’assurer que la confession de Boone n’était pas simplement l’œuvre de sa tendance à l’autodestruction, qu’il n’avouait pas le crime par simple soif de châtiment.
Boone n’était pas en position de discuter. Decker le connaissait mieux qu’il ne se connaissait lui-même. Et il n’avait pas oublié la remarque de Decker : si le pire s’avérait, le docteur pourrait dire adieu à sa réputation de guérisseur ; aucun d’eux n’avait le droit à l’erreur. La seule façon d’être sûr, c’était de passer en revue tous les détails des meurtres — dates, noms et lieux — dans l’espoir que Boone vienne à se rappeler quelque chose. A moins qu’ils ne découvrent qu’un de ces crimes avait été commis à un moment où il s’était indiscutablement trouvé en compagnie d’un tiers.
La seule partie de ce processus devant laquelle Boone recula fut l’examen des photographies. Il résista à la pression gentiment exercée par Decker durant quarante-huit heures, ne rendant les armes que lorsque Decker renonça à toute gentillesse pour se mettre à le harceler, l’accusant de couardise et de duplicité. Ne s’agissait-il donc que d’un jeu, demanda Decker ; d’une démonstration d’automortification à l’issue de laquelle aucun d’eux n’aurait avancé ? En ce cas, que Boone fiche le camp de son bureau et aille gâcher le temps de quelqu’un d’autre avec ses jérémiades.
Boone accepta d’étudier les photographies.