Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
L’un d’entre eux resta en place, peut-être figé par le choc. Quoi qu’il en soit, la main gonflée de Boone lui arracha son fusil, et l’homme se jeta au milieu de la cohue de ses semblables pour échapper à un nouvel assaut.
Le jour régnait toujours sur la rue, et Boone hésitait à y pénétrer, mais Narcisse ne se souciait pas de tels détails. Une fois le chemin dégagé, il sortit en pleine lumière, se faufilant dans la foule paniquée sans être remarqué jusqu’à ce qu’il ait atteint la voiture.
La meute était en train de rassembler ses forces quelque part, comme Boone pouvait le voir. Un groupe de gens sur le trottoir opposé — réconfortés par le soleil et par la distance qui les séparait de la bête — parlaient avec animation comme s’ils étaient sur le point de se ressaisir. On ramassait les armes qui gisaient sur le sol. Ce n’était qu’une question de temps avant que le choc causé par la transformation de Boone s’estompe et qu’ils renouvellent leur assaut.
Mais Narcisse fut rapide. Lorsque Lori arriva près de la porte, il était dans la voiture et la faisait démarrer. Boone la retint, le contact de son ombre (qui le suivait comme un nuage de fumée) étouffa tout vestige de peur qu’elle aurait pu ressentir à l’égard de sa chair remodelée. En fait, elle se surprit à imaginer à quoi ressemblerait un accouplement avec lui sous cette forme ; écarter les jambes pour cette ombre et pour la bête en son cœur.
La voiture était devant la porte à présent, stoppant en gémissant dans un nuage de fumée.
—Vas-y, dit Boone.
Il la poussa à l’intérieur du véhicule, son ombre enveloppant le trottoir pour tromper l’ennemi. Avec raison. Une balle fit éclater la lunette arrière alors même que Lori se jetait sur le siège ; une grêle de pierres la suivit.
Boone était déjà à ses côtés et claquait la portière.
— Ils vont nous suivre ! dit Narcisse.
— Qu’ils y viennent, fut la réponse de Boone.
—A Midian ?
— Ce n’est plus un secret à présent.
— Exact.
Narcisse appuya sur le champignon et la voiture fonça.
— Nous les conduirons en Enfer, si c’est là qu’ils veulent aller, dit Boone tandis qu’un groupe de véhicules se lançait à leur poursuite.
La voix qui émergeait de la gorge de la créature qu’il était devenue était gutturale, mais le rire qui la suivit était le rire de Boone, comme s’il avait toujours appartenu à cette bête ; un humour plus extatique que son humanité n’en pouvait contenir, qui avait finalement trouvé son but et son visage.