Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Boone entendit quelqu’un pousser un hurlement derrière lui. La porte venait d’être ouverte et une des infirmières se tenait sur le seuil. Il l’aperçut du coin de l’œil : son visage plus blanc que son uniforme, sa bouche grande ouverte ; et derrière elle, le couloir, et la liberté. Mais il ne parvenait pas à détourner les yeux de Narcisse ; pas tant que le nuage de sang qui emplissait l’air entre eux lui cachait cette révélation. Il voulait voir le visage secret de cet homme : le Fauve sous sa peau qui faisait de lui un être digne de la paix dispensée par Midian. La pluie écarlate se dispersait. L’air commença à s’éclaircir. Il vit ce visage, ou du moins l’aperçut, mais fut incapable d’interpréter sa complexité. Etait-ce une anatomie de bête qui grondait et se nouait devant lui, ou bien du tissu humain en proie au supplice de l’automutilation ? Encore un instant, et il saurait…
Puis quelqu’un le saisit, agrippant ses bras et le tirant vers la porte. Il aperçut Narcisse levant les armes de ses mains pour tenir ses sauveteurs à distance, puis les uniformes furent sur lui et il fut occulté à ses yeux. Profitant de l’agitation, Boone saisit sa chance. Il se dégagea de l’étreinte de l’infirmière, attrapa son blouson de cuir et courut vers la porte que personne ne gardait. Son corps meurtri n’était pas préparé à l’action violente. Il trébucha, sentant la nausée dans sa gorge et les blessures de ses membres se disputer l’honneur de l’abattre, mais la vision de Narcisse encerclé et enchaîné suffit à lui donner des forces. Il était déjà dans le hall avant que quiconque ait eu l’idée de se lancer à sa poursuite.
Alors qu’il se dirigeait vers la porte qui donnait sur la nuit, il entendit la voix de Narcisse pousser un cri de protestation ; un hurlement de rage pitoyablement humain.