Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Il avait failli décider d’aller à Midian avec l’escouade, mais il avait trop de travail ici pour préparer le terrain en vue des révélations à venir. Il y aurait des révélations. Bien que Boone eût jusque-là refusé de répondre même aux questions les plus simples, il finirait par rompre le silence, et à ce moment-là, Decker aurait des questions à lui poser. Il n’y avait aucune chance pour que les accusations de Boone soient prises au sérieux — on l’avait trouvé avec de la chair humaine dans la bouche, couvert de sang de la tête aux pieds —, mais il se trouvait parmi les récents événements certains éléments qui confondaient Decker lui-même, et tant qu’il n’aurait pas analysé et compris chaque point du scénario, il ne serait pas rassuré.
Qu’était-il arrivé à Boone, par exemple ? Comment le bouc émissaire criblé de balles et donné pour mort était-il devenu le monstre assoiffé de sang qui avait failli le tuer la nuit précédente ? Boone avait même prétendu être mort, pour l’amour de Dieu —et dans l’ardeur glacée de cet instant, Decker avait presque partagé sa psychose. A présent, il y voyait plus clair. Eigerman avait raison. C’étaient bien des dingues, même s’ils étaient plus étranges qu’à l’ordinaire. Des choses contre nature, qu’il fallait extirper de leurs abris de pierre et arroser d’essence. Lui-même serait enchanté de craquer la première allumette.
— Decker ?
Arraché à ses pensées, il se retourna pour découvrir Eigerman en train de refermer la porte sur les journalistes qui s’agitaient au-dehors. Toute trace de sa belle assurance avait disparu. Il transpirait abondamment.
— Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que nous avons un problème, Irwin ?
— Foutre oui, nous avons un problème.
— Boone ?
— Bien sûr que oui, Boone.
— Qu’y a-t-il ?
— Les toubibs viennent juste de l’examiner. C’est la procédure habituelle.
— Et alors ?
— Combien de fois lui avez-vous tiré dessus ? Trois, quatre ?
— Oui, peut-être.
— Eh bien, les balles sont toujours dans son corps.
— Ça ne me surprend pas vraiment, fit Decker. Je vous ai dit que nous n’avions pas affaire à des suspects ordinaires. Que pensent les médecins ? Qu’il devrait être mort ?
— Il est mort.
— Quand ?
— Je ne veux pas dire qu’il est mort et allongé dans sa cellule, bordel, cria Eigerman. Je veux dire qu’il est mort et assis dans sa foutue cellule. Je veux dire que son cœur ne bat plus.
— C’est impossible.
— J’ai deux foutus toubibs qui m’affirment que ce type est un mort-vivant et qui m’invitent à écouter moi-même avec leurs stéthoscopes. Vous voulez bien m’expliquer ça, docteur ?