Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Ages sombres
« … en ville, avec deux peaux. Le cuir et la chair. Trois si vous comptez le prépuce. Toutes destinées à être caressées ce soir, oui monsieur. Toutes prêtes à être frottées et câlinées et aimées ce soir, oui monsieur. »
Charles Kyd, Suspendu à un fil
XI
Le terrain de chasse
1
Lorsqu’elle repartit vers Shere Neck, l’autoradioréglé à un volume assourdissant à la fois pour confirmer son existence et pour l’empêcher de fuir, elle acquit la certitude qu’en dépit de ses promesses, elle ne parviendrait pas à dissimuler son expérience à Sheryl. Comment l’empêcher de transparaître sur son visage, dans sa voix ? Ses craintes se révélèrent sans fondement. Ou bien elle était meilleure dissimulatrice qu’elle ne l’aurait cru, ou alors Sheryl était moins sensible. Quoi qu’il en soit, celle-ci ne lui posa que des questions superficielles sur sa visite à Midian avant de se mettre à parler de Curtis.
— Je veux que tu fasses sa connaissance, dit-elle, rien que pour m’assurer que je ne rêve pas.
— Je vais rentrer chez moi, Sheryl, dit Lori.
— Pas ce soir. Il est trop tard.
Elle avait raison, la journée était trop avancée pour que Lori envisage de repartir chez elle. Et il lui fut impossible de trouver un motif pour décliner la requête de Sheryl sans offenser celle-ci.
— Tu n’auras pas l’impression de jouer les potiches, je te le promets, dit Sheryl. Il m’a dit qu’il voulait te rencontrer. Je lui ai dit tout ce que je savais de toi. Enfin… pas tout. Mais suffisamment, tu sais, sur la façon dont on s’est rencontrées.
Elle fit une grimace désolée.
— Dis-moi que tu viendras, dit-elle.
— Je viendrai.
— Génial ! Je l’appelle tout de suite.
Tandis que Sheryl donnait son coup de téléphone, Lori alla prendre une douche. Moins de deux minutes plus tard, elle sut comment allait se dérouler leur soirée.
—Il va nous retrouver dans un restaurant qu’il connaît bien, vers 20 heures, hurla Sheryl. Il va même amener un ami pour toi…
— Non, Sheryl…
— Je crois qu’il blaguait.
Sheryl apparut sur le seuil de la salle de bains.
— Il a un drôle de sens de l’humour, dit-elle. Tu sais, quand tu n’es pas sûre de savoir si quelqu’un plaisante ou pas ? Il est comme ça.