Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Ce corps-là ne sortirait jamais de sa tombe. Aucun espoir de résurrection terrestre. Même au plus fort de son assaut, Boone avait refusé à Decker la morsure qui aurait doué son organisme d’une vie après la mort. Sa chair n’appartenait qu’aux mouches et à leurs enfants, sa réputation aux errements de ceux qui choisiraient de raconter son histoire. Boone s’en souciait comme d’une guigne. S’il ne se libérait jamais du fardeau de crimes que Decker avait posé sur ses épaules, cela n’aurait guère d’importance. Il n’était plus innocent désormais. Après ce massacre, il était devenu l’assassin que Decker l’avait persuadé d’être. En tuant le prophète, il avait authentifié sa prophétie.
Il laissa le corps là où il était et partit à la recherche de Lori. Il n’existait qu’un seul endroit où elle ait pu aller : en bas de la pente, dans la chambre du Baptiseur. Il y avait une raison à tout ceci, pensa-t-il. Le Baptiseur l’avait amenée ici, défaisant le sol sous ses pieds pour conduire Boone à sa suite.
La flamme qu’occupait son corps démembré projetait un charme glacé sur son visage. Il descendit la pente à sa rencontre, revêtu du sang de son ennemi.
XXIV
Cabale
1
Perdu au sein de la désolation, Ashbery fut trouvé grâce à une lumière qui clignotait entre les pavés fracturés. Ses rayons poisseux étaient d’une froideur glaciale comme jamais rais de lumière n’auraient dû l’être, adhérant à sa manche et à sa main avant de disparaître. Intrigué, il traqua son origine alors qu’elle devenait de plus en plus brillante.
Vu l’érudition qu’il avait acquise lors de sa jeunesse, il aurait reconnu le nom de Baphomet si quelqu’un l’avait murmuré à son oreille, et il aurait compris pourquoi cette lumière, qui jaillissait de la flamme de la divinité, exerçait une telle attirance sur lui. Il aurait reconnu en cet être un dieu et une déesse confondus en un seul corps. Il aurait également su quelles souffrances ses adorateurs avaient endurées au nom de leur idole, brûlés pour hérésie ou pour crimes contre nature. Il aurait pu craindre une puissance qui exigeait un tel hommage ; et avec sagesse.
Mais il n’y avait personne pour lui dire quoi que ce soit. Il n’y avait que la lumière, qui l’attirait vers elle.
2
Boone découvrit que le Baptiseur n’était pas seul dans sa chambre. Il compta onze Enfants de la Nuit le long des murs,à genoux, les yeux bandés, le dos tourné à la flamme. Parmi eux, M. Lylesburg et Rachel.