Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
— Je n’avais pas fait ça depuis que j’étais gamine, dit-elle, aller où l’envie me prend d’aller. J’avais oublié à quel point c’était agréable. Peut-être qu’on pourrait poursuivre la route ensemble. Jusqu’à Shere Neck. J’ai toujours voulu voir cet endroit.
— C’est vrai ?
Sheryl éclata de rire.
— Non. Mais c’est une destination qui en vaut bien une autre. Toutes les directions sont bonnes à prendre quand on se sent le pied léger.
VIII
L’endroit de sa chute
Elles partirent donc ensemble, après avoir demandé leur route au propriétaire du restaurant, qui prétendait avoir une idée plus que vague de l’endroit où se trouvait Midian. Les indications qu’il leur donna étaient bonnes. Après avoir traversé Shere Neck, qui était bien plus grande que Lori ne l’aurait cru, elles prirent une route dénuée de tout panneau indicateur qui devait en théorie les conduire à Midian.
— Qu’est-ce que vous allez faire là-bas ? avait voulu savoir le restaurateur. Personne n’y met plus les pieds. C’est désert.
— J’écris un article sur la ruée vers l’or, avait répondu Sheryl, mentant avec enthousiasme. Elle, elle y va pour le spectacle.
— Drôle de spectacle, avait-il répliqué.
Cette remarque se voulait ironique, mais elle était plus pertinente que leur interlocuteur ne l’aurait cru. L’après-midi touchait à sa fin, éclairant les gravillons de sa lumière dorée, lorsque la ville leur apparut, et avant d’avoir pénétré dans ses rues, elles étaient certaines de s’être trompées d’endroit : avait-on jamais vu une ville fantôme plus accueillante ? Cette impression s’altéra cependant une fois le soleil disparu. Il y avait quelque chose de désespérément romantique dans le spectacle de ces maisons désertées, mais cette vision était finalement déprimante et un peu bizarre. La première pensée de Lori fut :
« Pourquoi Boone aurait-il souhaité venir ici ? »
Et la seconde :
« Il n’est pas venu dans cet endroit de sa propre volonté. Il était traqué. S’il a échoué ici, c’était sûrement par accident. » Elles garèrent la voiture au milieu de la rue principale, laquelle était, à l’exception d’une ou deux ruelles, la seule rue.
— Pas besoin de la fermer à clé, dit Sheryl. Personne ne viendra la voler.
A présent qu’elles étaient arrivées à destination, Lori était plus heureuse que jamais de la compagnie de Sheryl. Sa verve et sa bonne humeur étaient un défi jeté à cet endroit sinistre ; elles tenaient ses fantômes à distance.