Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Disparus à présent ; tous disparus. Emportés par la tempête.
Elle n’avait plus le choix et devait ouvrir les yeux, sachant qu’elle allait découvrir Sheryl, simple être de chair et de sang, assise au bord du lit en train de lui sourire.
— Un cauchemar ? dit-elle.
— Non. Pas vraiment.
— Tu criais son nom.
— Je sais.
— Tu aurais dû venir avec moi, dit Sheryl. Te le sortir du système.
— Peut-être.
Sheryl avait un sourire rayonnant ; de toute évidence, elle avait une bonne nouvelle à lui annoncer.
— Tu as rencontré quelqu’un ? devina Lori.
Le sourire de Sheryl s’élargit.
— Qui donc aurait cru une chose pareille ? dit-elle. Peut-être que ma mère avait raison, après tout.
—A ce point ?
—A ce point.
— Raconte-moi tout.
—Il n’y a pas grand-chose à raconter. Je suis sortie à la recherche d’un bar et j’ai rencontré ce type formidable. Qui donc aurait cru une chose pareille ? répéta-t-elle. En plein milieu de la prairie ? L’amour est venu me chercher.
Son enthousiasme faisait plaisir à voir ; elle réussit à pein eà contenir son excitation tandis qu’elle faisait à Lori un compte rendu intégral de ses aventures amoureuses de la nuit. L’homme s’appelait Curtis ; c’était un banquier, il était né à Vancouver, il venait de divorcer et de déménager à Edmonton. Ils se complétaient parfaitement tous les deux, dit-elle ; signes astrologiques, plats et boissons préférés, historique familial. Et il y avait encore mieux : même après qu’ils eurent parlé durant plusieurs heures, il n’avait pas essayé une seule fois de la convaincre d’ôter ses sous-vêtements. C’était un gentleman : posé, intelligent, et impatient de retrouver la vie sophistiquée de la côte Ouest, où il souhaitait retourner, avait-il insinué, dès qu’il aurait retrouvé la compagne idéale. Peut-être s’agissait-il d’elle.
— Je dois le revoir demain soir, dit Sheryl. Peut-être même passer quelques semaines avec lui si ça marche entre nous.
— Ça marchera, répondit Lori. Tu mérites bien un peu de bonheur.
— Est-ce que tu retournes à Calgary demain ? demanda Sheryl.
Son esprit se préparait à répondre par l’affirmative. Mais le rêve apparut devant elle, et donna une réponse tout à fait différente.
— Je crois que je vais d’abord retourner à Midian, dit-elle. Je veux revoir l’endroit une dernière fois.
Sheryl fit la grimace.
— Je t’en prie, ne me demande pas de t’accompagner, dit-elle. Je n’ai aucune envie de retourner là-bas.
— Pas de problème, répondit Lori. Je serai tout à fait heureuse d’y aller seule.