Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
— J’en jurerais. Je l’ai aperçu en montant dans la voiture. Elle se frictionnait vigoureusement la poitrine.
— Seigneur, mes seins deviennent tout durs quand j’ai froid.
—A quoi ressemblait-il ? dit Lori.
Sheryl haussa les épaules.
— Il faisait trop sombre pour que je le voie bien, dit-elle. Ça n’a plus d’importance. Comme tu l’as dit, on ne reviendra plus jamais ici.
Exact, pensa Lori. Elles prendraient une route toute droite pour repartir, et elles ne regarderaient jamais derrière elles. Peut-être les citoyens décédés de Midian leur enviaient-ils cela derrière les murs de leur forteresse.
IX
Contact
1
Il ne leur fut pas difficile de chercher un logis à Shere Neck ; il n’y avait que deux hôtels, et le premier était déjà plein à craquer de participants à une exposition-vente de matériel agricole qui venait juste de s’achever, certains d’entre eux occupant également des chambres dans le second établissement, la Sweetgrass Inn. Si Sheryl n’était pas passée maître dans l’art de se servir de son sourire, peut-être leur aurait-on fermé la porte au nez là aussi ; mais après un court marchandage, on leur trouva une chambre à deux lits qu’elles partageraient. Elle était simple mais confortable.
— Tu sais ce que ma mère me disait ? demanda Sheryl en déballant ses affaires de toilette dans la salle de bains.
— Quoi donc ?
— Elle me disait : « Sheryl, il y a quelque part un homme qui t’attend ; il se balade avec ton nom inscrit sur son front. » Et ça de la part d’une femme qui a passé trente ans à chercher l’homme de sa vie sans jamais le trouver. Mais elle s’est toujours accrochée à cette idée romantique : l’homme de tes rêves est au coin de la rue. Et elle me l’a refilée, bon sang.
— Et ça tient ?
—Oh oui ! Je cherche encore. On pourrait croire que ça m’aurait passé après ce que j’ai vécu. Tu veux te doucher la première ?
—Non. Vas-y.
On faisait la fête dans la chambre voisine, et les murs étaient trop minces pour étouffer les bruits. Pendant que Sheryl prenait sa douche, Lori s’étendit sur son lit et passa en revue les événements de la journée. Cet exercice ne dura guère. Avant de se rendre compte qu’elle s’était assoupie, elle fut réveillée par Sheryl, qui s’était douchée et était prête à aller faire un tour en ville.
— Tu viens avec moi ? voulut-elle savoir.
— Je suis trop fatiguée, dit Lori. Va prendre ton pied.
— S’il y a un pied à prendre quelque part…, dit Sheryl d’un air grognon.
— Tu le trouveras, dit Lori. Laisse-leur un sacré souvenir de toi.