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Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

— Non, j’en ai bien peur. Il s’est levé et il est parti. Dieu sait comment. Mais il s’est levé et il est parti. Imagine ça. Il était criblé de balles. Tu as vu tout le sang qu’il a perdu…

« Il nous a épiées tout le temps, pensa-t-elle. Il nous a suivies jusqu’à Midian le premier jour. » Mais pourquoi ? C’était ce qu’elle ne parvenait pas à comprendre ; pourquoi ?

—… tout ce sang, toutes ces balles, et il n’a quand même pas voulu mourir.

— Quelqu’un a volé son corps, dit-elle.

— Non, lui répondit-on, ça ne s’est pas passé comme ça.

— Qui diable êtes-vous ?

— Bonne question. Il n’y a aucune raison pour que tu en ignores la réponse.

Sa main monta à son visage et en ôta le masque. Sous lui se trouvait Decker, suant et souriant.

— Je regrette de ne pas avoir amené mon appareil photo, dit-il. Si vous voyiez votre visage.

Elle ne parvenait pas à changer d’expression, bien qu’elle détestât l’idée qu’elle l’amusait. Le choc la faisait béer comme un poisson. Le Prince Charmant de Sheryl, Curtis, était Decker.

—Pourquoi ? demanda-t-elle.

—Pourquoi quoi ?

— Pourquoi avez-vous tué Sheryl ?

—Pour la même raison qui m’a fait tuer tous les autres, dit-il d’une voix enjouée, comme si cette question ne l'avait nullement offensé. (Puis, mortellement sérieux :) Parce que ça m’amusait, bien sûr. Pour le plaisir. On parlait beaucoup de pourquoi, Boone et moi. On creusait la question, vous savez ; on essayait de comprendre. Mais en fin de compte, si je fais ça, c’est parce que j’aime ça.

— Boone était innocent.

—Est innocent, où qu’il se cache. Ce qui me pose un problème, parce qu’il connaît la vérité et qu’il risque un de ces jours de trouver quelqu’un susceptible de le croire.

— C’est pour ça que vous voulez en finir avec lui ?

— Que feriez-vous à ma place ? Tout le mal que je me suis donné pour qu’il puisse mourir en coupable. Je lui ai même collé une balle dans le corps, et voilà qu’il se lève et qu’il s’en va.

— Ils m’ont dit qu’il était mort. Ils en étaient certains.

— La morgue a été ouverte de l’intérieur. Est-ce qu’ils vous ont dit ça ? Il y avait ses empreintes digitales sur le loquet ; et ses empreintes de pas sur le sol : est-ce qu’ils vous ont dit ça ? Non, bien sûr que non. Mais je vous le dis, moi. Je le sais. Boone est vivant. Et votre mort va le faire sortir de sa cachette, je le parierais. Il sera bien obligé de se montrer.

Tout en parlant, il leva lentement son couteau.

Ne serait-ce que pour vous pleurer.