Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Lorsque les couteaux plongèrent à nouveau vers elle, elle saisit une des poêles suspendues au-dessus du fourneau et l’amena à la rencontre du visage qui s’approchait. L'arme improvisée rencontra sa cible de plein fouet. Sa propre force la surprit. Aucun bruit ne monta cependant de derrière le lin.
Il se contenta de transférer la lame qu’il n’avait pas laissée tomber de sa main droite à sa main gauche, secoua la tête comme pour l’empêcher de chanter, puis fondit à nouveau sur elle. Ce fut à peine si elle eut le temps de lever la poêle pour se protéger. La lame glissa le long de sa surface et vint à la rencontre de sa main. L’espace d’un instant, il n’y eut ni douleur ni sang. Puis tous deux vinrent en abondance et la poêle tomba à ses pieds. Ce fut à ce moment-là qu’il émit un son, une sorte de roucoulement, et l’angle de sa tête suggérait que c’était le sang qu’il contemplait tandis qu’il coulait de la blessure qui l’avait engendrée.
Elle se tourna vers la porte, calculant le temps qu’il lui faudrait pour l’atteindre tout en estimant la vitesse à laquelle le monstre la poursuivrait. Mais avant qu’elle ne puisse agir, le Masque lança son dernier assaut. Il n’éleva pas sa lame. Ni sa voix lorsqu’il se mit à parler.
— Lori, dit-il. Il faut que nous parlions, toi et moi.
— Ne vous approchez pas de moi.
A son grand étonnement, il obéit. Elle saisit ce mince répit pour ramasser sa seconde lame sur le sol. Sa main valide était moins habile que sa main blessée, mais le monstre formait une cible relativement large. Elle était capable de lui infliger des dommages ; de préférence au cœur.
— C’est avec celui-là que j’ai tué Sheryl, dit-il. A ta place, je le lâcherais.
L’acier était poisseux dans sa paume.
— Oui, cette lame a tranché la gorge de Sheryl, d’une oreille à l’autre, continua-t-il. Et à présent, elle est couverte de tes empreintes digitales. Tu aurais dû mettre des gants, comme moi.
L’idée de ce qu’avait accompli cette lame l'épouvantait, mais elle n’était pas décidée à la lâcher pour se retrouver désarmée.
— Bien sûr, tu pourrais toujours accuser Boone, disait le Masque. Dire à la police que c’est lui qui a fait le coup.
— Comment êtes-vous au courant au sujet de Boone ? dit-elle.
Sheryl ne lui avait-elle pas juré qu’elle n’avait rien dit à son soupirant ?
— Tu sais où il est ? demanda le Masque.
— Il est mort, répondit-elle.
Le visage couturé secoua la tête en signe de dénégation.