Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Mais deux choses l’empêchèrent de parler. Premièrement, il savait que Decker ne mettrait pas en danger l’équilibre de son patient sans une bonne raison d’agir ainsi. Deuxièmement, un tel démenti serait sans valeur, car tous deux savaient à quel point l’esprit de Boone s’était déjà abusé lui-même par le passé. S’il était responsable de ces atrocités, il pouvait aussi bien ne pas en être conscient.
Il resta silencieux, n’osant pas regarder Decker de peur de découvrir le Roc réduit en pièces.
— Une autre ? dit Decker.
— S’il le faut.
— Il le faut.
Il découvrit une troisième photographie, et une quatrième, disposant les images sur la table comme s’il tirait les cartes à Boone, mais toutes les cartes de ce tarot représentaient la Mort. Dans la cuisine, gisant près de la porte ouverte du réfrigérateur. Dans la chambre, près de la lampe de chevet et du réveille-matin. En haut de l’escalier ; près de la fenêtre. Les victimes étaient de tous les âges et de toutes les couleurs ; des hommes, des femmes et des enfants. Quel que fut le démon responsable de leur mort, il ne semblait faire aucune distinction entre elles. Il anéantissait la vie là où il la trouvait, tout simplement. Il n’était ni rapide ni efficace. Les pièces dans lesquelles avaient péri ces êtres portaient les traces bien visibles des jeux auxquels s’était livré le tueur plein d’humour. Les meubles avaient été renversés par les victimes tentant d’éviter le coup de grâce*; leur sang avait éclaboussé les murs et les peintures. L’une d’elles avait perdu ses doigts, peut-être en tentant de saisir la lame qui la menaçait ; la plupart avaient perdu leurs yeux. Mais aucune d’entre elles n’avait réussi à se sauver, en dépit de toute la bravoure avec laquelle elles avaient résisté. Elles avaient toutes fini par tomber, qu’elles se soient empêtrées dans leurs sous-vêtements, ou qu’elles aient cherché refuge derrière un rideau. Elles étaient tombées en sanglotant ; elles étaient tombées en vomissant.
Il y avait onze photographies en tout. Chacune d’elles était différente — pièce grande ou petite, victime nue ou habillée. Mais elles étaient toutes identiques : les images d’une folie à l’œuvre, prises après la sortie de l’acteur principal.
Dieu tout-puissant, était-il cet homme ?
Ne trouvant aucune réponse en lui-même, il posa la question au Roc, parlant sans quitter des yeux les cartes étincelantes.
— Est-ce que c’est moi qui ai fait ça ? dit-il.