Back Cabale
Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

— Autant de personnes ? Ce n’est qu’une petite ville.

— Exact.

— Et regarde la taille de ces tombes.

— Je suis censée être impressionnée ?

— Tu es entrée ?

— Non. Et je n’en ai pas vraiment envie.

— Rien qu’un peu.

— Où ai-je déjà entendu ça ?

Lori ne daigna pas lui répondre. Elle était à présent près du portail du cimetière, tendant la main à travers la grille pour ouvrir le loquet. Poussant une des portes assez loin pour pouvoir se faufiler, elle entra. Sheryl la suivit à contrecœur.

— Pourquoi y en a-t-il autant ? répéta Lori.

Ce n’était pas seulement la curiosité qui la poussait à formuler cette question ; cet étrange spectacle l’incitait de nouveau à se demander si Boone avait échoué ici par accident ou si Midian avait été sa destination. Quelqu’un était-il enterré ici, qu’il avait espéré trouver en vie ? Ou bien était-il venu confesser ses crimes devant sa tombe ? Ce n’étaient que des conjectures, mais les allées de sépultures semblaient lui offrir un faible espoir de compréhension que le sang qu’il avait répandu ne lui aurait jamais fourni, sentait-elle, même si elle l’avait étudié jusqu’à ce que le ciel lui tombe sur la tête.

— Il se fait tard, lui rappela Sheryl.

— Oui.

— Et j’ai froid.

— Vraiment ?

— J’aimerais m’en aller, Lori.

— Oh… excuse-moi. Oui. Bien sûr. Il fait trop noir pour qu’on y voie grand-chose, de toute façon.

— Ah, tu as remarqué.

Elles remontèrent le flanc de la colline en direction de la ville, Sheryl ouvrant la marche.

Le peu de lumière qui subsistait encore avait disparu lorsqu’elles atteignirent les faubourgs de la ville. Lori laissa Sheryl regagner la voiture et fit halte pour jeter un dernier regard sur le cimetière. De l’endroit où elle se trouvait, il ressemblait à une forteresse. Peut-être ses hauts murs étaient-ils censés empêcher les animaux d’y pénétrer, bien que cela parût être une précaution inutile. Les morts étaient sûrement en sécurité sous leurs pierres tombales. Ces murs avaient plus probablement été édifiés par les survivants afin d’empêcher les morts d’exercer un pouvoir sur eux. Derrière le portail, la terre était sacrée et entretenue au nom des disparus. Le monde du dehors appartenait aux vivants, qui n’avaient plus rien à apprendre de ceux qu’ils avaient perdus.

Elle n’était pas aussi arrogante qu’eux. Elle aurait voulu dire bien des choses aux morts cette nuit ; et entendre bien des choses de leur bouche. C’était là le plus malheureux.

Elle retourna près de la voiture, étrangement enjouée. Ce fut seulement lorsque les portières furent fermées et le moteur en marche que Sheryl dit :

— Il y a quelqu’un qui nous observe.

— Tu en es sûre ?