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Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

— Je n’arrête pas de prier pour que quelqu’un vienne ; je n’arrête pas de supplier ; et tu es là depuis le début, à me regarder pendant que je me couvre de merde. Que je me couvre de merde !

Il éclata de rire. Puis, mortellement sérieux :

— Je n’ai jamais douté. Pas une seule fois. J’ai toujours su que quelqu’un viendrait. Mais je m’attendais à un visage connu. Marvin, peut-être. J’aurais dû savoir qu’ils enverraient un nouveau venu. C’est logique. Et tu as vu, hein ? Tu as entendu. Je n’ai pas honte. Ils n’ont pas réussi à me faire avoir honte. Demande à n’importe qui. Ils ont essayé. Encore et encore. Ils ont pénétré dans mon crâne et ils ont essayé de me réduire en pièces, essayé de chasser le fauve de moi. Mais j’ai tenu bon. Je savais que tu viendrais, tôt ou tard, et je voulais être prêt. C’est pour ça que je porte ça.

Il leva ses deux pouces devant son visage.

— Pour que je puisse te montrer.

Il tourna la tête de droite à gauche.

— Tu veux voir ?

Aucune réponse ne lui était nécessaire. Ses mains étaient déjà posées des deux côtés de son visage, les crochets touchant la peau à la base de chaque oreille. Boone regarda, sentant que tout appel ou tout démenti étaient inutiles. C’était là un instant que Narcisse avait répété d’innombrables fois ; il n’allait pas se laisser frustrer de sa représentation. Il n’y eut aucun bruit lorsque les crochets, aiguisés comme des lames de rasoir, lui entaillèrent la peau, mais le sang se mit aussitôt à couler le long de son cou et de ses bras. L’expression de son visage ne changea pas, se faisant seulement plus intense : un masque dans lequel la muse de la tragédie et celle de la comédie étaient unies. Puis, ses doigts embrassant chaque côté de son visage, il fit suivre aux deux crochets la ligne de son maxillaire. Il faisait montre d’une précision de chirurgien. Les blessures s’ouvrirent avec une symétrie parfaite jusqu’à ce que les deux crochets se rencontrent à la pointe de son menton.

Ce fut seulement à ce moment-là qu’il laissa tomber une de ses mains le long de son corps, le sang gouttant de son crochet et de son poing, tandis que l’autre main courait sur son visage, à la recherche du lambeau de peau que son œuvre avait créé.

— Tu veux voir ? répéta-t-il.

Boone murmura :

— Non.

Il ne fut pas entendu. D’un geste vif, Narcisse arracha le masque de peau des muscles qu’il dissimulait et se mit à le déchirer, révélant son vrai visage.