Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
— J’ai quelques pilules, dit Boone, se rappelant le résidu du stock fourni par Decker. Vous en voulez ?
— Tout ce que tu auras.
Boone était soulagé d’en être débarrassé. Elles n’avaient fait qu’enchaîner son esprit, l’amenant à un point où il ne se souciait plus de vivre ou de mourir. Ce n’était plus le cas à présent. Il s’était trouvé une destination, un endroit où il pourrait enfin trouver quelqu’un susceptible de comprendre les horreurs qu’il endurait. Il n’aurait pas besoin des pilules pour aller à Midian. Il aurait besoin de force, et de la volonté d’être pardonné. Il disposait déjà de celle-ci. Il ne restait plus à son corps meurtri qu’à retrouver celle-là.
— Où sont-elles ? dit Narcisse, dont l’appétit éclaircit le visage.
Le blouson de cuir de Boone lui avait été ôté lors de son admission, afin que l’on puisse examiner rapidement les dommages qu’il s’était infligés. Il était à présent posé sur le dossier d’une chaise, peau par deux fois rejetée. Il plongea une main dans la poche intérieure, mais eut un choc en découvrant l’absence de tout flacon familier.
— Quelqu’un a fouillé mon blouson.
Il passa en revue les autres poches. Elles étaient toutes vides. Les lettres de Lori, son portefeuille, les pilules : tout avait disparu. Il ne lui fallut que quelques secondes pour comprendre qu’on avait voulu déterminer son identité et quelles seraient les conséquences de cet acte. Il avait tenté de se suicide ; on le pensait sans aucun doute prêt à récidiver. L’adresse de Decker se trouvait dans son portefeuille. Le docteur était probablement déjà en route, prêt à récupérer son patient mal inspiré et à le livrer à la police. Une fois dans les griffes de la loi, il ne verrait jamais Midian.
— Tu as dit que tu avais des pilules ! hurla Narcisse.
— On me les a prises !
Narcisse arracha le blouson des mains de Boone et se mit à tirer dessus.
—Où ça ? hurla-t-il. Où ça ?
Son visage s’effondrait à nouveau, et il comprit qu’il n’aurait droit à aucune dose de paix. Il laissa tomber le blouson et s’éloigna de Boone, ses joues à nouveau inondées de larmes alors même qu’elles s’écartaient sur un large sourire.
— Je sais ce que tu es en train de faire, dit-il en désignant Boone. (Larmes et sanglots étaient également intenses.) C’est Midian qui t’a envoyé. Pour voir si j’étais digne. Tu es venu voir si j’étais des vôtres ou non !
Il n’offrit aucune chance de démenti à Boone et son enthousiasme monta jusqu’à l’hystérie.