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Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

Même s’il ne devait plus jamais connaître une pareille journée, pensa Eigerman, il n’aurait pas à se plaindre au Seigneur lorsque viendrait sa dernière heure. D’abord, le spectacle de Boone enchaîné. Ensuite, le bébé qu’il avait porté au-devant des photographes, sachant que, le lendemain, son visage serait en première page de tous les journaux du pays. Et à présent, ceci : la glorieuse vision de Midian en flammes.

C’était Pettine qui avait eu l’idée — foutrement excellente — de verser de l’essence enflammée dans les conduits qui reliaient les tombes, afin de forcer les créatures tapies sous terre à sortir à la lumière. Ça avait marché encore mieux qu’ils ne l’avaient espéré. Une fois que la fumée s’était épaissie et que le feu s’était répandu, leurs ennemis n’avaient pas eu d’autre choix que de sortir de leur fange pour gagner l’air libre, où le soleil divin les anéantissait presque tous d’un seul coup.

Presque, mais pas tous. Certains d’entre eux avaient eu le temps de se préparer à leur sortie, utilisant tout ce qui pouvait leur tomber sous la main dans un effort désespéré pour se protéger de la lumière. Mais leurs tentatives étaient condamnées à l’échec. Le bûcher brûlait : les portes gardées, les murs surveillés. Incapables de s’envoler vers le ciel sans découvrir leurs ailes et leurs têtes, ils étaient refoulés vers les flammes.

En de tout autres circonstances, Eigerman ne se serait pas permis de jouir de ce spectacle avec autant d’ostentation. Mais ces créatures n’étaient pas humaines — ceci était évident même lorsqu’on les observait de loin. Ce n’étaient que des monstres mal foutus, il n’y en avait pas deux pareils, et il était sûr que les saints eux-mêmes se seraient réjouis de les voir ainsi succomber. Terrasser le Diable était un sport béni de Dieu.

Mais ça ne pouvait pas durer éternellement. La nuit ne tarderait pas à tomber. A ce moment-là, ils seraient privés de leur principal moyen de défense contre l’ennemi et la roue risquerait de tourner. Ils seraient obligés de laisser le brasier brûler toute la nuit et de revenir à l’aube extirper les survivants de leurs trous afin de les achever. Les murs et les portes étant gardés par les croix et par l’eau bénite, il y avait peu de chances pour que les monstres s’échappent avant l’aube. Il ne savait pas exactement quelle puissance était la plus efficace pour lutter contre les monstres : le feu, l’eau, le jour, la foi : l’ensemble de ces éléments, ou une combinaison de certains. Aucune importance. Tout ce qui comptait à ses yeux, c’était de pouvoir leur casser la tête.