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Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

Lori, qui tournait le dos à Boone, sentit un changement dans l’atmosphère autour d’elle. Une ombre grimpait le long des murs à sa droite et à sa gauche, se déployant sur son dos, embrassant sa nuque, son échine, ses fesses et ce qui se trouvait entre elles. C’était les ténèbres de Boone. Il était en son sein, en long et en large.

Narcisse lui-même était stupéfait.

—Foutredieu, murmura-t-il, puis il ouvrit la porte en grand pour libérer la nuit.

5

La foule était impatiente de s’amuser. Ceux de ses membres qui avaient des armes étaient allés les chercher dans leurs voitures ; ceux qui avaient eu la chance de voyager avec une corde dans leur coffre s’entraînaient à faire des nœuds ; et ceux qui n’avaient ni corde ni arme avaient ramassé des pierres. En guise de justification, il leur suffisait de regarder les restes épars du pied de Cormack qui maculaient le sol du poste de police. Les meneurs du groupe — qu’un processus de sélection naturelle avait permis de dégage (c’était ceux qui parlaient le plus fort et qui avaient les armes les plus puissantes) — arpentaient ce terrain écarlate lorsqu’un bruit en provenance des cellules attira leur attention.

A l’arrière-garde de la foule, quelqu’un se mit à crier :

— Abattez ces salauds !

Ce ne fut pas sur l’ombre de Boone que les yeux affamés de cibles des meneurs se posèrent tout d’abord. Ce fut sur Narcisse. Son visage ravagé arracha un hoquet de dégoût à plusieurs membres de la foule, et des cris vengeurs à bien d’autres.

— Descendez-le !

— Visez au cœur !

Les meneurs n’hésitèrent pas. Trois d’entre eux ouvrirent le feu. L’un d’eux atteignit l’homme, sa balle frappant Narcisse à l’épaule et le traversant sans ralentir sa course. Un cri de joie monta de la foule. Encouragés par ce premier coup au but, les gens se précipitèrent dans le poste, ceux qui fermaient la marche impatients de voir couler le sang, les autres aveugles au fait que leur cible n’en avait pas perdu une seule goutte. Elle n’était pas non plus tombée ; ça, ils le virent. Et un ou deux d’entre eux entreprirent de rectifier cette erreur, tirant une nouvelle salve sur Narcisse. La plupart des balles le manquèrent, mais pas toutes.

Lorsque la troisième balle le frappa, cependant, un rugissement de colère secoua la pièce, faisant exploser la lampe du bureau et faisant tomber la poussière du plafond.