Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
— J’ai passé cinq ans à tenter de vous comprendre, espérant que je parviendrais à vous guérir. Et j’ai cru que j’allais réussir. J’ai cru qu’il y avait des chances pour que tout s’éclaircisse…
Il se tut, prisonnier au fond du puits de son échec. Boone n’était pas immergé au fond de son supplice au point de ne pas percevoir à quel point cet homme souffrait. Mais il ne pouvait rien faire pour atténuer ses souffrances. Il se contenta de regarder les nuages défiler, là-haut dans la lumière, et il sut qu’un sombre avenir l’attendait.
— Quand la police vous emmènera…, murmura Decker, il n’y aura pas que vous pour vous retrouver seul, Boone. Je serai tout seul, moi aussi. Vous deviendrez le patient de quelqu’un d’autre : d’un psychologue spécialisé dans les criminels. Je n’aurai plus accès à vous. C’est pour ça que je vous le demande… Laissez-moi encore quelque temps. Laissez-moi comprendre ce que je serai capable de comprendre avant que tout soit fini entre nous.
« Il me parle comme un amant, pensa vaguement Boone ; comme si ce qu’il y avait entre nous, c’était la vie. »
— Je sais que vous avez mal, continua Decker. J’ai un remède pour vous. Des pilules, pour vous préserver du pire. Jusqu’à ce que nous en ayons fini…
— Je n’ai pas confiance en moi, dit Boone. Je pourrais faire du mal à quelqu’un.
— Vous n’en ferez rien, répondit Decker avec une certitude qui faisait plaisir à entendre. Ces drogues vous calmeront pendant la nuit. Le reste du temps, vous serez avec moi. Vous serez en sécurité avec moi.
— Combien de temps voulez-vous ?
— Tout au plus quelques jours. Ce n’est pas demander beaucoup, n’est-ce pas ? Il faut que je sache pourquoi nous avons échoué.
L’idée de fouler à nouveau ce sol imprégné de sang était répugnante, mais il avait une dette à payer. Grâce à l’aide de Decker, il avait entr’aperçu de nouvelles possibilités ; il devait bien au médecin cette chance d’arracher quelques bribes aux ruines de cette vision.
— Faites vite, dit-il.
— Merci, dit Decker. C’est très important pour moi.
— Et j’aurai besoin de ces pilules.
2
Il eut ses pilules. Decker y veilla. Des pilules si fortes qu’il n’était pas sûr de se souvenir de son nom après les avoir prises. Des pilules qui lui rendaient le sommeil facile et qui faisaient de l’éveil un séjour dans une demi-vie dont il était heureux de s’échapper la nuit venue. Des pilules auxquelles, en moins de vingt-quatre heures, il fut complètement accroché.