Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Il se couvrit le visage des mains, comme il l’avait fait aux portes de Midian.
— Ne me laisse pas seul, dit-il d’une voix étouffée. Je ne sais pas où je suis, Lori. Je ne sais même pas qui je suis. Reste avec moi.
Elle se pencha vers lui et l’embrassa sur le dos de la main. Il laissa retomber ses bras, dévoilant son visage. Elle l’embrassa sur la joue, puis sur la bouche. Ensemble, ils roulèrent vers l’hôtel.
Ses craintes se révélèrent sans fondement. Si on avait effectivement découvert le corps de Sheryl pendant la nuit — ce qui était peu probable vu l’endroit où il se trouvait —, on n’avait fait aucun rapprochement avec l’hôtel. En fait, non seulement il n’y avait aucun policier pour leur barrer le passage, mais de plus il n’y avait pratiquement aucun signe de vie. Rien qu’un chien qui aboyait à l’étage et un bébé en train de pleurer quelque part. Même le hall était désert, le réceptionniste étant sans doute trop occupé par la télévision pour se soucier de monter la garde. Des bruits de rires et de musique les suivirent le long du hall et de l’escalier qui conduisait au premier étage. En dépit de la facilité avec laquelle ils parvinrent devant la porte de sa chambre, les mains de Lori tremblaient tellement qu’elle n’arriva pas à glisser la clé dans la serrure. Lorsqu’elle se tourna vers Boone pour lui demander de l’aide, ce fut pour découvrir qu’il ne se trouvait plus derrière elle mais qu’il s’était attardé en haut des marches, parcourant du regard la longueur du couloir. Elle maudit une nouvelle fois les lunettes qui l’empêchaient de déchiffrer ses sentiments avec exactitude. Du moins jusqu’à ce qu’il recule contre le mur, ses doigts cherchant un point d’appui là où il n’y en avait aucun.
— Qu’y a-t-il, Boone ?
— Il n’y a personne ici, répliqua-t-il.
— Eh bien, c’est tant mieux pour nous, non ?
— Mais je sens une odeur…
— Quelle odeur ?
Il secoua la tête.
— Dis-le-moi.
— L’odeur du sang.
— Boone ?
— Oh, cette odeur de sang.
— Où ça ? D’où ça vient ?
Il ne lui répondit pas, ses yeux refusaient de la regarder mais restaient fixés sur le couloir.
— J’aurai vite fait, lui dit-elle. Reste où tu es et je reviens tout de suite.