Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Elle s’accroupit et glissa maladroitement la clé dans la serrure, puis se releva et ouvrit la porte. Il n’y avait aucune odeur de sang dans la chambre, rien que le parfum éventé de la nuit précédente. Cela lui rappela aussitôt Sheryl et les heures heureuses qu’elles avaient passées ensemble au milieu de ces temps difficiles. Moins de vingt-quatre heures auparavant, elle avait éclaté de rire dans cette même chambre en parlant de l’homme de ses rêves qui allait l’assassiner.
En y pensant, Lori se tourna vers Boone. Il était toujours plaqué contre le mur, comme si c’était pour lui la seule façon de s’assurer que le monde n’allait pas basculer. Elle le laissa là et pénétra dans la chambre pour aller faire ses bagages. D’abord la salle de bains, pour récupérer ses affaires de toilette, puis la chambre proprement dite, pour rassembler ses vêtements épars. Ce fut seulement lorsqu’elle posa sa valise sur le lit pour la remplir qu’elle aperçut la fissure dans le mur. On aurait dit que quelque chose avait violemment heurté la cloison de l’autre côté. Le plâtre était tombé en morceaux qui jonchaient le sol entre les lits jumeaux. Elle observa la fissure durant quelques instants : les fêtards s'étaient-ils excités au point de jeter les meubles sur les murs ?
Curieuse, elle se dirigea vers elle. Elle écarta un morceauplâtre et approcha son œil de l’ouverture.
Les rideaux étaient encore tirés dans la chambre voisine, mais la lumière du soleil était assez forte pour les traverser, créant dans la pièce une pénombre ocrée. La fête de cette nuit avait dû être encore plus débauchée que celle de la nuit précédente, pensa-t-elle. Il y avait des taches de vin sur les murs, et les fêtards dormaient encore à même le sol.
Mais cette odeur : ce n’était pas du vin.
Elle recula d’un pas, l’estomac retourné.
Un tel jus ne coulait d’aucun fruit…
Un autre pas.
…mais de la chair. Et si c’était du sang qu’elle sentait, alors c’était du sang qu’elle voyait, et si c’était du sang qu’elle voyait, alors ces dormeurs n’étaient pas endormis, car qui irait dormir dans un tel abattoir ? Seulement les morts.
Elle se précipita vers la porte. Au bout du couloir, Boone n’était plus debout, mais accroupi contre le mur, serrant ses genoux contre lui. Lorsqu’il tourna son visage vers elle, il était envahi de tics de désespoir.
— Lève-toi, lui dit-elle.
— Je sens une odeur de sang, fit-il tout doucement.
— Tu as raison. Alors lève-toi. Vite… Viens m’aider.