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Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

— Je ne le vois pas, dit-elle.

— Moi non plus.

— Alors, qu’est-ce qu’on fait ? demanda Lori, s'efforçant de dissimuler son agacement.

Si c’était là l’idée que Curtis-Casanova se faisait d'une soirée en ville, il était permis de douter des goûts de Sheryl ; mais d’un autre côté, qui était-elle pour se permettre de juger son amie, elle qui avait naguère aimé un psychopathe ?

— Il doit être quelque part dans le coin, dit Sheryl d’une voix emplie d’espoir. Curtis ? appela-t-elle en poussant la porte couverte de cloques.

— Pourquoi on ne l’attend pas dehors, Sheryl ?

— Il est probablement déjà rentré.

— Cet endroit est peut-être dangereux.

Sa prière fut ignorée.

— Sheryl.

— Ça va, ça va. J’ai entendu.

Elle avait déjà plongé dans les ténèbres qui régnaient à l’intérieur du restaurant. Une odeur de bois et de tissu brûlés vint agresser les narines de Lori.

— Curtis ? appela la voix de Sheryl.

Une voiture passa dans la rue, émettant un bruit de moteur mal réglé. Son passager, un jeune homme prématurément chauve, se pencha à la vitre.

— Vous avez besoin d’aide ?

— Non merci, cria Lori en réponse.

Elle ne savait pas si cette question était motivée par une simple courtoisie provinciale ou par le désir. Probablement par le désir, décida-t-elle lorsque la voiture prit de la vitesse et disparut ; les hommes étaient les mêmes partout. Son humeur, qui s’était grandement améliorée depuis qu’elle avait retrouvé la compagnie de Sheryl, tournait rapidement à l’aigre. Elle n’appréciait guère l’idée de se retrouver dans cette rue déserte alors que ce qui subsistait de jour était proche de l’extinction. La nuit, qui lui avait toujours paru riche de promesses, appartenait trop aux Enfants qui s’étaient approprié son nom. Et pourquoi pas ? Toutes les ténèbres n’en faisaient qu’une en fin de compte. Du cœur ou des cieux ; une seule ténèbre. En ce moment même, à Midian, ils étaient sans doute en train d’ouvrir les portes de leurs mausolées, sachant que la lumière des étoiles était impuissante à les flétrir. Elle frissonna à cette idée.

Elle entendit le moteur de la voiture gémir et rugir au bout de la rue, puis il y eut un grincement de freins. Les Bons Samaritains allaient-ils revenir tenter leur chance ?

— Sheryl ? appela-t-elle. Où es-tu ?

La blague — si Sheryl ne s’était pas trompée et s’il s’agissait bien d’une blague — avait perdu tout son humour déjà bien contestable. Elle voulait retourner à la voiture et partir, regagner leur hôtel si nécessaire.

— Sheryl ? Tu es là ?