Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
— Midian est réservée aux Enfants. Personne ici n’a besoin de vous…
— Dites-moi seulement une chose, demanda Lori. Est-ce que Boone est ici ?
Rachel était déjà en haut de l’escalier et elle se mit à descendre.
— Il est ici, n’est-ce pas ? dit Lori, renonçant à la sécurité de la porte ouverte et traversant l’antichambre pour se diriger vers Rachel. C’est vous qui avez volé son corps !
Cette explication, pour macabre qu’elle fût, était sensée. Ces habitants du tombeau, ces Enfants de la Nuit avaient empêché Boone de trouver le repos.
— C’est vous ! C'est vous qui l’avez volé !
Rachel s’immobilisa et leva les yeux vers Lori, le visage à peine visible dans les ténèbres de l’escalier.
— Nous n’avons rien volé, répondit-elle sans rancœur.
—Où est-il alors ? demanda Lori.
Rachel se détourna, et les ombres la dérobèrent complètement à la vue.
— Dites-le-moi ! Je vous en prie, au nom de Dieu ! hurla Lori.
Elle se mit soudain à pleurer, en proie à un mélange de rage, de peur et de frustration.
— Dites-le-moi, je vous en prie !
Le désespoir lui fit descendre les marches derrière Rachel, et ses exigences devinrent des prières.
— Attendez… parlez…
Elle descendit trois marches, puis une quatrième. A la cinquième, elle s’immobilisa, ou plutôt son corps s’immobilisa, les muscles de ses jambes se raidissant sans qu’elle leur en ait donné l’ordre, refusant de lui faire descendre un nouveau degré vers les ténèbres de la crypte. Sa peau était soudain envahie par la chair de poule ; son cœur battait à ses oreilles. Aucun effort de volonté n’aurait pu contredire l’impératif animal qui lui interdisait de descendre ; elle ne pouvait que rester figée sur place et scruter les profondeurs. Même ses larmes s’étaient soudain asséchées, et la salive s’était évaporée dans sa bouche, si bien qu’elle ne pouvait pas plus parler que bouger. Elle n’aurait certes pas voulu crier dans les ténèbres à présent, de peur que les forces qui s’y tapissaient ne répondent à son appel. Bien qu’elle ne pût rien distinguer d’elles, ses tripes savaient qu’elles étaient bien plus terribles que Rachel et son enfant-bête. La métamorphose à laquelle elle avait assisté était presque un acte naturel comparée aux talents dont étaient douées les autres présences. Elle sentait leur perversité imprégner l’air qu’elle respirait. Elle l’inhalait et l’exhalait. Ses poumons en étaient ravagés et son cœur affolé.
S’ils s’étaient emparés du corps de Boone pour s’en faire un jouet, il serait impossible de le leur reprendre. Il ne lui restait plus qu’à espérer que son esprit ait rejoint un endroit plus lumineux et plus doux.