Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Elle rêvait assez souvent de lui ; et les scénarios de ses rêves étaient de nature indiscutablement sexuelle. Aucun symbolisme là-dedans. Rien qu’elle et Boone en train de baiser dans une pièce nue. Il y avait parfois des gens qui tapaient sur la porte pour qu’on les laisse entrer et jouer aux voyeurs, mais cela ne se produisait jamais. Il lui appartenait complètement ; avec toute sa beauté et toute sa détresse.
Mais uniquement dans ses rêves ; maintenant plus que jamais, uniquement dans ses rêves.
Leur histoire commune s’était achevée. Il n’y aurait plus de jours sombres où sa conversation ne parlait que de défaite, plus de soudaines éclaircies lorsqu’elle prononçait par hasard une phrase qui lui rendait quelque espoir. Elle s’était certes un peu préparée à une fin assez abrupte. Mais sûrement à rien de tel. Pas à voir Boone accusé de meurtres et abattu dans une ville dont elle n’avait jamais entendu parler. Ce n’était pas une fin correcte.
Mais aussi pénible que cela fût, le pire était encore à venir.
Le coup de téléphone avait été suivi de l’inévitable interrogatoire policier : l’avait-elle jamais soupçonné d’activités criminelles ? S’était-il parfois montré violent avec elle ? Elle leur répéta une douzaine de fois qu’il ne l’avait jamais touchée qu’avec amour, et seulement après qu’elle l’y eut gentiment amené. Ils semblèrent trouver une confirmation muette dans le récit qu’elle leur fit de ses hésitations, échangeant des regards entendus lorsqu’elle leur raconta leurs étreintes en rougissant. Quand ils eurent fini de la questionner, ils lui demandèrent si elle accepterait d’identifier son corps. Elle accepta. Bien qu’on l’eût prévenue que ce ne serait guère agréable, elle voulait lui dire un dernier adieu.
Ce fut à ce moment-là que la situation, déjà passablement étrange, devint plus étrange encore.
Le corps de Boone avait disparu.
Tout d’abord, personne ne voulut lui dire pourquoi la procédure d’identification était retardée ; on lui avança des prétextes qui sonnaient faux. Finalement, ils furent bien obligés de lui avouer la vérité. Le corps, que l’on avait entreposé pour une nuit dans la morgue de la police, s’était tout simplement volatilisé. Personne ne savait comment on avait pu le voler — la morgue était verrouillée et il n’y avait aucun signe d'effraction —, ni pourquoi. Une enquête était en cours, mais à en juger par les visages harassés de ceux qui lui apportèrent cette nouvelle, il n’y avait apparemment que peu d’espoir de retrouver les voleurs de cadavre. L’instruction de l’affaire Aaron Boone devrait se poursuivre sans son corps.