Back Cabale
Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

—A quoi ressemble-t-il, Peloquin ?

L’être avait absorbé son visage de fauve. Sous lui s’étaient trouvés des traits humains, perchés au-dessus d’un corps qui évoquait le reptile plutôt que le mammifère. Le membre qu’il traînait derrière lui était une queue ; sa démarche claudicante celle d’un lézard bas sur pattes. Ceci aussi était en cours de révision, et une transformation ondoyante courait le long de son échine rugueuse.

— Il ressemble à un Naturel, répondit Peloquin. Ce qui ne veut pas dire grand-chose.

Pourquoi son agresseur ne pouvait-il voir cela par lui-même ? se demanda Boone.

Il baissa les yeux vers la main qui agrippait son ventre. Elle était pourvue de six doigts, qui se terminaient non pas en ongles, mais en griffes, à présent enfoncées d’un bon centimètre dans ses muscles.

— Ne me tuez pas, dit-il. J’ai fait un long chemin pour venir jusqu’ici.

— Tu entends ça, Jackie ? dit Peloquin.

Il quitta le sol d’un bond de ses quatre pattes et se dressa devant Boone. Ses yeux, à présent à la hauteur de ceux du captif, étaient d’un bleu étincelant. Son souffle était aussi chaud que celui d’une fournaise à la porte grande ouverte.

— Quel genre de bête es-tu donc ? Voulut-il savoir.

Sa transformation était presque achevée. L’homme qui sommeillait sous le monstre n’avait rien de remarquable. Quarante ans, mince, la peau cireuse.

— On devrait l’emmener en bas, dit Jackie. Lylesburg voudra sans doute le voir.

— C’est probable, dit Peloquin. Mais je crois que ce serait une perte de temps. C’est un Naturel, Jackie. Je sais les sentir.

— J’ai versé le sang…, murmura Boone. J’ai tué onze personnes.

Les yeux bleus l’étudièrent. Il y avait un certain humour en eux.

— Je ne le pense pas, dit Peloquin.

— Ce n’est pas à nous d’en décider, intervint Jackie. Tu ne peux pas le juger.

— J’ai des yeux pour voir, n’est-ce pas ? dit Peloquin. Je sais reconnaître un homme pur quand j’en vois un. (Il agita un doigt sous le menton de Boone.) Tu n’es pas un Enfant de la Nuit. Tu n’es que de la viande. Voilà ce que tu es. De la viande pour les bêtes.

Toute trace d’humour quitta ses traits lorsqu’il fit cette déclaration, remplacée par la faim.

— On ne peut pas faire ça, protesta l’autre créature.

— Qui le saura ? dit Peloquin. Qui le saura jamais ?

— Nous violerions la loi.