Back Cabale
Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

Il entreprit de se lever, ses ligaments gémissant dans tout son corps, sachant que l’animal pourrait aisément lui sauter à la gorge s’il restait étendu. La froidure du sol avait roidi ses membres ; il avait les gestes d’un vieillard. Peut-être était-ce à cause de cela que l’animal s’abstenait de l’attaquer, se contentant de l’observer, les croissants blancs de ses yeux — le seul détail que Boone pouvait distinguer — se faisant plus larges à mesure que l’homme se levait. Une fois debout, il se tourna pour faire face à la créature, laquelle se dirigea vers lui. Il y avait dans sa démarche quelque chose qui fit penser à Boone qu’elle était blessée. Il l’entendait traîner une de ses pattes derrière elle ; elle avait la tête basse, le pas irrégulier.

Des paroles de réconfort montaient à ses lèvres lorsqu’unbras lui enserra le cou, lui dérobant le souffle et les mots.

— Si tu bouges, je t’étripe.

Un bras apparut en même temps que cette menace et glissa autour de son corps, et des doigts s’enfoncèrent dans son ventre avec une telle force qu’il n’eut aucun doute sur la capacité de cette main à mettre la menace à exécution.

Boone inspira faiblement. Cet acte banal suffit à faire resserrer l’étreinte autour de son cou et de son abdomen. Il sentit du sang couler le long de son ventre et se perdre dans ses jeans.

— Qui diable es-tu ? demanda la voix.

Il n’était qu’un piètre menteur ; mieux valait dire la vérité.

— Je m’appelle Boone. Je suis venu ici… Je suis à la recherche de Midian.

L’étreinte se relâcha-t-elle légèrement sur son ventre lorsqu’il eut exposé son but ?

— Pourquoi ? demanda alors une seconde voix.

Il ne fallut qu’un battement de cœur à Boone pour se rendre compte que cette voix provenait de l’obscurité devant lui, là où se trouvait la bête. Provenait en fait de la bête.

— Mon ami t’a posé une question, dit la voix derrière lui. Réponds.

Boone, désorienté par l’agression dont il était la victime, dirigea son regard sur la créature qui se tenait dans les ténèbres et se surprit à douter de ses yeux. La tête de son interrogateur n’était pas solide ; elle semblait presque inhaler ses traits inutiles, dont la substance s’assombrissait en traversant ses orbites, ses narines et sa gueule pour regagner l’intérieur de son crâne.

Toute sensation de danger disparut de son esprit ; c’était l’enthousiasme qui l’habitait à présent. Narcisse n’avait pas menti. Devant lui se trouvait la confirmation changeante de ses paroles.

— Je suis venu pour vivre parmi vous…, dit-il, répondant à la question. Je suis venu parce que ma place est ici.

Une question émergea du doux rire qui montait derrière lui.