Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
L’entreprise du docteur — mettre au jour le monstre qui sommeillait en Boone — avait été vouée à l’échec. Ceci au moins était aussi clair que le ciel au-dessus de sa tête. Il était impossible de distinguer Boone l’homme de Boone le monstre. Ils ne faisaient qu’un ; ils suivaient la même route, en esprit et en corps. Et quelle que soit la nature de ce qui les attendait au bout de cette route, la mort ou la gloire, ce serait leur sort à tous deux.
3
A l’est de Peace River, avait dit Narcisse, près de la ville de Shere Neck ; au nord de Dwyer.
Il dut dormir à la dure à High Prairie, et le lendemain matin, il trouva quelqu’un pour le prendre en stop jusqu’à Peace River. C’était une femme âgée d’une cinquantaine d’années, fière de la région qu’elle connaissait depuis son enfance, et heureuse de lui donner une rapide leçon de géographie. Il ne lui fit aucune mention de Midian, mais elle connaissait bien Dwyer et Shere Neck — cette dernière étant une ville de cinq mille habitants à l’est de l’autoroute 67. Il se serait épargné trois cents kilomètres de route en évitant de passer par High Prairie et en se dirigeant vers le nord depuis le début. Peu importe, dit-elle ; elle connaissait un endroit, à Peace River, où les fermiers s’arrêtaient pour manger avant de repartir dans leurs fermes. Là, il trouverait sûrement quelqu’un pour l’emmener où il souhaitait aller.
— Vous avez des parents là-bas ? lui demanda-t-elle.
Il répondit par l’affirmative.
Le crépuscule approchait lorsque le dernier des véhicules qu’il avait empruntés le déposa à un kilomètre ou deux de Dwyer. Il regarda le camion s’éloigner dans le lointain sur une piste gravillonnée, puis entreprit de franchir à pied la courte distance qui le séparait de la ville. La nuit et la journée qu’il avait passées à dormir à la dure et à rouler dans des tacots sur des routes ayant connu des jours meilleurs avaient eu raison de son organisme déjà bien maltraité. Il lui fallut une heure pour parvenir en vue des faubourgs de Dwyer, et à ce moment-là, la nuit était complètement tombée. Le sort jouait de nouveau en sa faveur. Sans les ténèbres nocturnes, peut-être n’aurait-il pas aperçu les lumières qui brillaient devant lui ; pas en signe de bienvenue, mais en signe de danger.