Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Au bout d’une minute, elle atteignit le tunnel, ou ses vestiges dénués de toit. Elle resta quelque temps étendue sur le dos, les yeux tournés vers le ciel. Une fois qu’elle eut retrouvé son souffle, elle se releva et examina son bras blessé. Un emplâtre de crasse recouvrait ses entailles, mais au moins le sang avait-il cessé de couler.
Alors qu’elle cajolait ses jambes pour les convaincre de bouger, quelque chose tomba devant elle, tout mouillé dans la poussière. Narcisse la regarda de son demi-visage. Elle prononça son nom dans un sanglot, tournant ses yeux pour aller à la rencontre du Masque. Il enjamba la tranchée comme un fossoyeur, puis descendit la rejoindre.
La lame visait son cœur. Si elle avait été plus forte, l’arme aurait atteint sa cible, mais le sol de la pente s’effondra sous elle lorsqu’elle recula et elle n’avait plus assez de force pour s’empêcher de tomber, cul par-dessus tête, le long du plan incliné…
Son cri vint guider Boone. Il escalada un amas de pavés pour accéder au tunnel exposé, puis traversa un labyrinthe de murs renversés et de feux mourants pour parvenir jusqu’à elle. Ce ne fut cependant pas sa silhouette qu’il vit dans le passage devant lui, venant à sa rencontre avec ses lames nues.
C’était le docteur, enfin.
De son refuge précaire à mi-hauteur de la pente, Lori vit le Masque se détourner d’elle, distrait de son but. Elle avait réussi à interrompre sa chute en agrippant une fissure dans le mur avec sa main valide, laquelle accomplit son devoir assez longtemps pour qu’elle aperçoive Boone dans le passage au-dessus d’elle. Elle avait vu ce que la machette avait fait à Narcisse. Les morts eux-mêmes étaient mortels. Mais avant qu’elle n’ait pu lancer une mise en garde à Boone, une vague d’énergie glacée monta la pente derrière elle. Baphomet n’avait pas quitté sa flamme. Il était encore là, et son étreinte arracha ses doigts du mur.
Impuissante à lui résister, elle glissa le long de la pente, pour pénétrer dans la chambre en éruption.
Les extases des Enfants de la Nuit n’avaient pas souillé Decker. Il vint à Boone comme un employé des abattoirs impatient de conclure un massacre dont on l’avait distrait : sans fioritures, sans passion.
Cela le rendait dangereux. Il frappa vite, sans signaler son intention. La lame traversa le cou de Boone de part en part.