Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
— Merde ! dit l’homme. Je les ai manqués. Je les ai manques !
Il se leva et alla jusqu’à la fenêtre. Dehors, on ne voyait que des ténèbres solides.
— Ils sont passés sans s’arrêter, murmura-t-il d’une voix soudainement plaintive.
L’instant d’après, il était à un mètre de Boone, souriant sous sa crasse.
— Tu as un truc contre la douleur ? voulut-il savoir.
— L’infirmière m’a donné quelque chose, répondit Boone.
L’homme cracha à nouveau, pas en direction de Boone cette fois-ci, mais sur le sol.
—A boire, mec…, dit-il. Est-ce que tu as à boire ?
— Non.
Son sourire s’évapora instantanément, et son visage s’effondra, envahi de larmes. Il s’écarta de Boone, sanglotant, et reprit sa litanie.
— Pourquoi ils ne m’emmènent pas ? Pourquoi ils ne viennent pas me chercher ?
— Peut-être qu’ils viendront plus tard, dit Boone. Quand je serai parti.
L’homme le regarda de nouveau.
— Qu’est-ce que tu sais exactement ? dit-il.
Pas grand-chose, en vérité ; mais Boone garda cette information par-devers lui. Sa tête contenait assez de fragments de la mythologie de Midian pour qu’il souhaite en savoir davantage. Ne s’agissait-il pas d’un endroit où tous ceux qui n’avaient plus de refuge pouvaient trouver un foyer ? Et cette condition n’était-elle pas la sienne à présent ? Il ne lui restait plus une seule source de réconfort. Ni Decker, ni Lori, ni même la Mort. Même si Midian n’était qu’un simple talisman, il voulait qu’on lui raconte son histoire.
— Parlez, dit-il.
— Je t’ai demandé ce que tu savais, répondit l’autre, saisissant son menton mal rasé avec le crochet de son pouce gauche.
— Je sais qu’il délivre de la douleur, répondit Boone.
— Et ensuite ?
— Je sais qu’il ne refuse personne.
— Ce n’est pas vrai, fut la réponse.
— Non ?
— S’il ne refusait personne, crois-tu que je ne serais pas déjà là-bas ? Crois-tu que ce ne serait pas la plus grande ville du monde ? Bien sûr qu’il refuse des gens…
Ses yeux luisants de larmes étaient fixés sur Boone. « Se rend-il compte que je ne sais rien ? » se demanda celui-ci. Apparemment non. L’homme continua de parler, heureux de débattre de ce secret. Ou, plus précisément, de la crainte qu’il lui inspirait.
— Si je ne suis pas allé là-bas, c’est peut-être parce que je n’en suis pas digne, dit-il. Et c’est quelque chose qu’ils ne pardonnent pas facilement. Ils ne le pardonnent pas du tout. Tu sais ce qu’ils font… à ceux qui ne sont pas dignes ?