Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Ce n’étaient pas les seuls préparatifs auxquels ils se livraient en vue de leur évasion. Il aperçut les Enfants sous des formes qu’il n’avait jamais eu l’honneur de voir auparavant : déployant leurs ailes, déployant leurs membres. Un devenait plusieurs (un homme, un troupeau) ; plusieurs devenaient un (trois amants, un nuage). Tout autour de lui, les rites du départ.
Ashbery était toujours auprès de Boone, stupéfait.
— Où vont-ils ?
— J’arrive trop tard, dit Boone. Ils quittent Midian.
Devant eux, une pierre tombale s’envola, et une forme spectrale s’éleva comme une fusée dans le ciel nocturne.
— C’est merveilleux, dit Ashbery. Que sont-ils ? Pourquoi ne les ai-je jamais connus ?
Boone secoua la tête. Il lui était impossible de décrire les Enfants selon des critères établis. Ils n’appartenaient pas à l’Enfer ; et pas encore au Ciel. Ils étaient d’une espèce que celle à laquelle il avait appartenu ne pouvait pas supporter de devenir. Le non-peuple ; l’anti-tribu ; la dépouille de l’humanité défaite et recousue avec la lune à l’intérieur.
Et à présent, avant qu’il ait eu une chance de les connaître — et en les connaissant, de se connaître lui-même—, voilà qu’il les perdait. Ils trouvaient ces moyens de transport dans leurs cellules et prenaient leur essor vers la nuit.
— Trop tard, répéta-t-il, la douleur de cette séparation faisant perler les larmes à ses yeux.
Les fuyards rassemblaient leurs énergies. De toutes parts, les portes s’ouvraient en grand et les pierres tombales se renversaient tandis que les esprits s’élevaient en formes innombrables. Tous ne volaient pas. Certains étaient des chèvres ou des tigres et fonçaient vers la porte à travers les flammes. La plupart étaient seuls, mais certains — dont ni Midian ni la mort n’avaient atténué la fécondité — partaient avec des familles comptant six membres ou plus, tenant leurs derniers-nés dans leurs bras. Il savait qu’il assistait à la fin d’une époque, une fin qui avait commencé dès l’instant où il avait posé le pied sur le sol de Midian. C’était lui l’architecte de ce désastre, bien qu’il n’ait allumé aucun feu ni renversé aucune tombe. Il avait amené les hommes à Midian. Et, ce faisant, il l’avait détruite. Même Lori ne parviendrait jamais à le persuader de se pardonner ça. Cette idée aurait pu lui donner la tentation de se jeter dans les flammes s’il n’avait pas entendu l’enfant prononcer son nom.
Elle était juste assez humaine pour formuler ses mots ; le reste était animal.
—Lori, dit-elle.
— Qu’est-ce qu’elle a ?
— Le Masque l’a attrapée.
Le Masque ? Elle parlait certainement de Decker.
— Où ça ?
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Plus près, de plus en plus près.