Back Cabale
Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

Il était difficile de distinguer ce qui se passait devant les portes du cimetière, mais le docteur était certain de deux faits : Boone était revenu et il avait triomphé d’Eigerman. Lorsqu’il l’avait vu arriver, Decker s’était réfugié dans une voiture de police. C’était là qu’il se trouvait à présent, son attaché-case à la main, essayant de formuler un plan d’action.

Cette tâche était malaisée, car il y avait deux voix pour lui conseiller des décisions contradictoires. Celle de son moi public penchait pour la retraite, avant que les événements ne prennent une tournure plus dangereuse encore.

— Va-t’en, disait-elle. Fiche le camp. Laisse-les tous mourir ensemble.

Ce conseil n’était pas dénué de sagesse. A présent que la nuit était presque tombée et que Boone était là pour les reprendre en main, les habitants de Midian pouvaient encore triompher. En ce cas, s’ils venaient à trouver Decker, ils lui arracheraient le cœur.

Mais il y avait une autre voix pour exiger son attention.

—Reste, disait-elle.

La voix du Masque, montant de l’attaché-case qu’il tenait sur ses genoux.

— Tu m’as déjà renié en ce lieu, disait-il.

Il avait en effet commis cette faute, sachant que l’heure viendrait pour lui de payer sa dette.

— Pas maintenant, murmura-t-il.

—Maintenant, dit le Masque.

Il savait que la raison n’avait aucun effet sur ses appétits ; pas plus que la prière.

— Sers-toi de tes yeux, dit le Masque. J’ai du travail.

Que voyait-il donc qui restait invisible aux yeux de Decker ? Il regarda par la vitre.

— Tu ne la vois pas ?

Et il la voyait à présent. Il avait été si fasciné par l’arrivée de Boone, tout nu près des portes, qu’il n’avait pas vu l’entrée en scène d’un autre personnage : la femme de Boone.

— Tu la vois, la salope ? dit le Masque.

— Je la vois.

— Minutage parfait, hein ? Au milieu de ce chaos, qui donc me verra l’achever ? Personne. Et une fois qu’elle aura disparu, plus personne ne connaîtra notre secret.

—Il y aura encore Boone.

— Il ne témoignera jamais, dit le Masque en riant. Il est mort, pour l’amour de Dieu. Que vaut donc la parole d’un zombie, dis-moi ?

— Rien, dit Decker.

— Exactement. Il ne représente aucun danger pour nous. Mais ce n’est pas le cas de cette femme. Laisse-moi la réduire au silence.

— Et si on te voit ?

— Et si on me voit, dit le Masque. On pensera que je suis un membre du clan de Midian.

— Pas toi, dit Decker.

L’idée que l’on puisse confondre son précieux alter ego avec un des dégénérés de Midian lui donnait la nausée.

— Tu es pur, dit-il.

— Laisse-moi le prouver, cajola le Masque.

— Rien que la femme ?