Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Un cri en provenance du pied de la colline interrompit le flot de ses pensées.
— Il faut arrêter ça !
C’était Ashbery. On aurait dit qu’il s’était approché trop près des flammes. Son visage était à moitié cuit et ruisselait de sueur.
—Arrêter quoi ? cria Eigerman en réponse.
— Ce massacre.
— Je ne vois aucun massacre.
Ashbery ne se trouvait qu’à deux mètres d’Eigerman, mais il était obligé de crier pour couvrir le bruit qui provenait d’en bas : le vacarme émis par les monstres et les flammes, ponctué de temps en temps par une pierre tombale brisée par la chaleur ou par un mausolée qui s’effondrait.
— Ils n’ont aucune chance de s'en tirer ! glapit Ashbery
— Ils ne sont pas censés en avoir une, fit remarquer Eigerman.
— Mais vous ne savez pas qui est là-dessous ! Eigerman !… Vous ne savez pas qui vous êtes en train de tuer !
Le chef eut un large sourire.
— Je le sais foutrement bien, fit-il tandis que naissait dans ses yeux un éclat qu’Ashbery n’avait vu que chez les chiens enragés. Je suis en train de tuer les morts, et quel péché est-ce là ? Hein ? Répondez-moi, Ashbery. Est-ce un péché que de forcer les morts à rester dans leurs tombes et à rester morts ?
— Il y a des enfants là-dessous, Eigerman, répondit Ashbery en désignant Midian du doigt.
— Oh oui. Avec des yeux comme des phares de voiture ! Et des dents ! Vous avez vu les dents de ces salauds ? Ce sont les enfants du Diable, Ashbery.
— Vous avez perdu l’esprit.
— Vous n’avez pas assez de couilles pour y croire, hein ? Vous n’avez pas de couilles du tout !
Il fit un pas vers le prêtre et agrippa sa soutane noire.
— Peut-être que vous êtes plus comme eux que comme nous, dit-il. C’est ça, Ashbery ? Vous sentez l’appel de la bête, hein ?
Ashbery dégagea sa soutane de la poigne d’Eigerman. Elle se déchira.
— D’accord…, dit-il, j’ai essayé de raisonner avec vous. Si vos tortionnaires craignent tant Dieu, peut-être qu’un homme de Dieu pourra les arrêter.
— Laissez mes hommes tranquilles ! dit Eigerman.
Mais Ashbery était déjà à mi-hauteur du flanc de la collineet sa voix résonnait au-dessus du tumulte.
— Arrêtez ! cria-t-il. Baissez vos armes !