Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Il lui avait répondu non, presque avec pitié, comme si une personne aussi ignorante des règles du jeu était destinée au malheur. Aussi l’avait-elle regardé se rhabiller et partir, furieuse contre elle-même d’avoir posé cette question, et contre lui pour son détachement si maîtrisé. Mais elle avait rêvé de lui une bonne douzaine de fois durant les semaines qui avaient suivi, revivant leur rencontre sordide, emplie d’une faim toute-puissante pour elle.
Elle était à présent exaucée. Boone était l’amant parfait de ces heures sombres. Calme et enfiévré, impatient et réfléchi. Elle connaissait son nom cette fois-ci ; mais il lui était toujours étranger. Et dans la ferveur de cette possession, dans la chaleur qu’il faisait naître en elle, elle sentit cet autre amant, et tous les amants qui l’avaient précédé, se consumer. Il ne restait plus que leurs cendres en elle à présent — là où s’étaient trouvées leurs langues et leurs bites — et elle jouissait sur eux d’un pouvoir sans partage.
Boone ouvrait sa braguette. Elle prit la longueur de son sexe dans la main. Ce fut à son tour de soupirer lorsqu’elle fit courir ses doigts sous son érection, de ses couilles jusqu’à l’endroit où la cicatrice de sa circoncision avait laissé un noyau de chair tendre. Elle le caressa là, par petits mouvements brefs qui suivaient le rythme des allées et venues de la langue qui s’insinuait entre ses lèvres. Puis, sur une même impulsion soudaine, les préliminaires prirent fin. Il soulevait sa jupe, déchirait ses sous-vêtements, ses doigts allant là où seuls ceux de Lori étaient trop souvent allés. Elle le poussa contre le mur, fit descendre ses jeans jusqu’à mi-cuisses. Puis, un bras passé autour des épaules de Boone, une main jouissant de sa bite soyeuse en attendant qu’elle disparaisse à la vue, elle le prit en elle. Il résista à sa hâte, délicieuse guerre du désir qui amena Lori au seuil du cri en quelques secondes. Jamais elle n’avait été aussi ouverte, jamais elle n’avait eu autant besoin de l’être. Il l’emplit à la faire déborder.
Puis tout commença vraiment. Après les promesses, la preuve. Arc-boutant son dos contre le mur, il se plaça de façon à la pénétrer au maximum, tandis que Lori tirait toutes ses forces de son propre poids. Elle lui lécha le visage. Il sourit. Elle cracha. Il rit et cracha en retour.
— Oui, dit-elle. Oui. Continue. Oui.
Elle ne pouvait émettre que des affirmations. Oui à sa salive ; oui à sa bite ; oui à cette vie au sein de la mort, et à cette joie en la vie au sein de la mort, maintenant et à jamais.
Sa réponse fut un paradis qui naissait entre ses hanches ; une œuvre de chair muette, les dents serrées, le front plissé.