Back Cabale
Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

Elle était mouillée sous le tissu. Il sentit la chaleur qu’il faisait naître en elle. Sut que ce qu’elle lui avait dit n’était pas un mensonge. Il embrassa son con, ou le tissu qui dissimulait son con, encore et encore et encore.

— Pardonne-toi, Boone, dit-elle.

Il acquiesça.

Elle agrippa plus fermement ses cheveux et l’arracha à la béatitude de son odeur.

— Dis-le, ordonna-t-elle. Dis-moi que tu te pardonnes.

Il quitta son plaisir des yeux, et elle vit avant même qu’il ait parlé que tout fardeau de honte avait disparu de son visage. Derrière son sourire, elle découvrit les yeux du monstre, sombres, et se faisant plus sombres encore tandis qu’il fouillait en lui-même à sa recherche.

Ce regard la plongea dans la douleur.

— S’il te plaît…, dit-elle, … aime-moi.

Il tira sur son chemisier. Le tissu se déchira. Sa main plongea vivement dans l’ouverture et partit sous le soutien-gorge à la recherche du sein. C’était de la folie, bien sûr. La foule serait bientôt sur eux s’ils ne se hâtaient pas de fuir. Mais c’était la folie qui l’avait entraînée dès le début dans cette arène de poussière et de mouches ; pourquoi aurait-elle dû être surprise de constater que son périple l’avait conduite vers cette nouvelle démence ? Mieux valait ça que la vie sans lui. Mieux valait ça que pratiquement n’importe quoi.

Il se relevait, faisait sortir son mamelon de sa cachette, posait une bouche glacée sur son sein brûlant, l’excitant, le léchant, langue et dents jouant leur rôle à la perfection. La mort avait fait de lui un amant. Lui avait enseigné l’argile et les moyens de l’animer ; l’avait familiarisé avec les mystères du corps. Il était partout autour d’elle, frottant ses hanches contre les siennes en lents cercles érodants— faisant couler sa langue des seins jusqu’au creux humide entre les clavicules, et le long de la gorge jusqu’au menton, et de là à la bouche.

Elle n’avait connu une faim aussi dévorante qu’une seule fois dans sa vie. A New York, plusieurs années auparavant, elle avait rencontré et baisé un homme dont elle n’avait jamais su le nom, mais dont les lèvres et les mains avaient semblé la connaître encore mieux qu’elle-même.

« Tu veux boire un coup avec moi ? » lui avait-elle dit lorsqu’ils s’étaient désenglués.