Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
— Rien n’est nécessaire, se surprit-elle à dire (quel chemin elle avait parcouru, pour parvenir à ce lugubre relativisme), excepté ce que tu sens et ce que tu sais.
— Je me sens mort, dit-il. Je ne sais rien.
— C’est faux, répondit-elle, faisant ses premiers pas vers lui depuis le moment où elle était entrée dans la cellule.
Il tiqua comme s’il s’attendait à ce qu’elle le frappe.
— Tu sais qui je suis, cria-t-elle. Tu sens ce que je suis.
Elle saisit son bras et le tira vers elle. Il n’eut pas le temps de serrer le poing. Elle posa sa main sur son ventre.
— Tu penses que tu me dégoûtes, Boone ? Tu penses que tu m’horrifies ? Ce n’est pas vrai.
Elle leva la main de son amant vers ses seins.
— Je te désire toujours, Boone. Midian te désire, elle aussi, mais pas autant que moi. Et si tu es froid, c’est comme ça que je te désire. Et si tu es mort, c’est comme ça que je te désire. Et je viendrai à toi si tu ne veux pas venir à moi. Je les laisserai m’abattre.
—Non, dit-il.
Elle serrait faiblement sa main à présent. Il aurait pu la dégager. Mais il choisit de la laisser au contact de sa chair, dont seul le léger tissu du chemisier le séparait. Elle souhaita qu’il puisse le dissoudre d’un simple effort de volonté ; que sa main vienne caresser la peau entre ses seins.
— Tôt ou tard, ils vont venir nous chercher, dit-elle.
Elle ne bluffait pas. On entendait des voix au-dehors. La foule se rassemblait en vue du lynchage. Peut-être que les monstres étaient éternels. Mais c’était aussi le cas de leurs persécuteurs.
— Ils vont nous détruire tous les deux, Boone. Toi, à cause de ce que tu es. Moi, parce que je t’aime. Et je ne te tiendrai plus jamais dans mes bras. Je ne veux pas de ça, Boone. Je ne veux pas que le vent emporte notre poussière. Je veux que nous soyons de chair.
Sa langue avait dépassé sa pensée. Elle n’avait pas eu l’intention de parler aussi franchement. Mais ce qui était dit était dit ; et c’était vrai. Elle n’éprouvait nulle honte.
— Je ne te permettrai pas de me renier, Boone, dit-elle.
Ces mots étaient leur propre force. Ils conduisirent sa main jusqu’aux cheveux glacés de Boone. Elle en agrippa une poignée.
Il ne lui résista pas. Au lieu de cela, la main posée sur sa poitrine se referma sur le chemisier et il glissa à genoux devant elle, pressant le visage contre son bas-ventre, le léchant comme si sa langue avait été capable de la libérer de ses vêtements et de la pénétrer de sa salive et de son esprit.