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Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

— Qu’est-ce que vous en pensez, Doc ? Vous pensez qu’on devrait coucher le zombie sur un canapé ? Lui demander s’il a jamais voulu baiser sa sœur ? (Eigerman jeta un regard vers Ashbery.) Ou mettre ses sous-vêtements ?

— Je pense que nous allons à Salem, répondit Decker. (Il y avait dans sa voix des accents qu’Eigerman n’avait jamais entendus auparavant.) Et je pense aussi que vous vous foutez de savoir ce que je crois ou ce que je ne crois pas. De toute façon, vous allez les chasser par le feu.

— Dans le mille, dit Eigerman avec un rire gras.

—Et je pense qu’Ashbery a raison. Vous êtes terrifié.

Cette remarque étouffa le rire.

— Connard, dit Eigerman à voix basse.

Le reste du trajet se déroula dans un silence total, Eigerman imprimant une nouvelle allure au convoi, Decker observant la lumière qui s’atténuait un peu plus chaque instant, et Ashbery, après quelques minutes d’introspection, ouvrant son missel et en tournant vivement les pages de papier pelure, en quête des rites d’exorcisme

2

Pettine les attendait à une cinquantaine de mètres du portail du cimetière, le visage souillé par la fumée émanant des voitures, lesquelles étaient encore en train de se consumer.

— Quelle est la situation ? voulut savoir Eigerman.

Pettine jeta un coup d’œil en direction du cimetière.

— Aucun signe de mouvement depuis la sortie. Mais on a entendu des trucs.

— Quels trucs ?

— Comme si on était assis sur une termitière, dit Pettine.

Y a des choses qui bougent là-dessous. Ça ne fait aucun doute. On le sent aussi bien qu’on l’entend.

Decker, qui s’était attardé dans la voiture, se dirigea vers eux et se joignit à la discussion, interrompant Pettine au milieu de sa phrase pour s’adresser à Eigerman ;

— Nous n’avons plus qu’une heure et vingt minutes avant le coucher du soleil.

— Je sais compter, répondit Eigerman.

— Quand est-ce qu’on se met à creuser, alors ?

— Quand j’en donnerai l’ordre, Decker.

— Decker a raison, chef, dit Pettine. C’est le soleil qui leur fait peur. Laissez-moi vous dire une chose : on n’aura plus envie de rester ici au crépuscule. Ça grouille là-dessous.

— On restera ici autant de temps qu’il faudra pour nettoyer cette merde, dit Eigerman. Combien y a-t-il d’entrées ?

— Deux. Le grand portail, et un autre plus petit sur le mur nord-est.

— D’accord. Ça ne devrait pas être difficile de les contenir. Amenez un des camions devant le grand portail et nous posterons des hommes à intervalles réguliers autour du mur pour veiller à ce que personne ne file. Une fois qu’ils seront pris au piège, on donnera l’assaut.

— Je vois que vous avez amené de quoi assurer vos arrières, commenta Pettine en regardant Ashbery.

— Foutre oui.

Eigerman se tourna vers le prêtre.