Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
— Ce sol est probablement consacré, monsieur, répliqua Eigerman. C’est un sol béni.
— Ce n’est pas le cas de ce qui se trouve en dessous, dit Decker avec une gravité qui réduisit Eigerman au silence. Vous m’avez déjà fait confiance une fois, Irwin. Et vous avez capturé un assassin. Faites-moi encore confiance. Il faut retourner Midian sens dessus dessous.
2
Elle avait connu la terreur, certes, mais les vieux impératifs demeuraient en vigueur : le corps devait manger, devait dormir. Après avoir quitté la Sweetgrass Inn, Lori satisfit le premier de ces besoins, errant à travers les rues jusqu’à ce qu’elle eût trouvé un magasin suffisamment anonyme et fréquenté, où elle acheta une série de gourmandises : des beignets fourrés, une tarte aux pommes, du chocolat au lait et du fromage. Puis elle s’assit au soleil et mangea, l’esprit trop engourdi pour s’activer à d’autres tâches que celles de mastiquer et de déglutir. La nourriture qu’elle absorba la rendit somnolente et il lui aurait été impossible d’empêcher ses paupières de se fermer même si elle avait essayé de le faire. Lorsqu’elle se réveilla, le côté de la rue où elle se trouvait, qui avait été inondé de soleil, était plongé dans l’ombre. La marche de pierre qui lui servait de siège était glacée et tout son corps lui faisait mal. Mais la nourriture et le repos, pour primitifs qu’ils fussent, lui avaient fait du bien. Ses processus mentaux étaient à nouveau ordonnés.
Elle n’avait guère de raison d’être optimiste, c’était certain, mais sa situation était bien plus lugubre la première fois qu’elle avait traversé cette ville, en route vers l’endroit où Boone était tombé. A ce moment-là, elle croyait que l’homme qu’elle aimait était mort ; son pèlerinage était celui d’une veuve. A présent, au moins était-il vivant, bien que Dieu seul sache quelle horreur contractée dans les tombes de Midian le possédait. Etant donné les circonstances, peut-être valait-il mieux qu’il fut en sécurité aux mains de la loi, dont les lentes procédures donneraient à Lori tout le temps de réfléchir à leurs problèmes. Le plus pressant de ceux-ci étant de trouver un moyen de démasquer Decker. Personne ne pouvait accomplir autant de meurtres sans laisser au moins l’embryon d’une preuve. Peut-être en trouverait-elle dans le restaurant où il avait assassiné Sheryl. Elle doutait fort qu’il conduise les policiers là-bas tout comme il les avait conduits à l’hôtel. Cela ressemblerait trop à un aveu de complicité que de connaître les lieux de tous les crimes.