Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
L’air avait une odeur d’espace qui contrastait vivement avec la senteur confinée des tunnels, mais plutôt que de s’attarder pour en jouir, elle insista pour qu’ils sortent du cimetière, et ils s’engagèrent dans le labyrinthe de tombeaux qui conduisait au portail. Une fois ce but atteint, Boone s’immobilisa.
— La voiture est tout près, dit-elle.
Il frissonnait en dépit de la tiédeur de la nuit.
— Je ne peux pas…
— Tu ne peux pas quoi ?
— Ma place est ici.
— Non. Ta place est avec moi. Notre place est ensemble. Elle se serra contre lui, mais son regard était tourné vers les ombres. Elle saisit son visage à deux mains et força ses yeux à la regarder.
— Notre place est ensemble, Boone. C’est pour ça que tu es vivant. Tu ne comprends pas ? Après tout ceci. Après tout ce que nous avons enduré ensemble. Nous avons survécu.
— Ce n’est pas aussi facile.
— Je le sais. Nous avons connu tous les deux des moments terribles. Je comprends que les choses ne puissent pas être comme avant. Et je ne le veux pas.
— Tu ne peux pas savoir…, commença-t-il.
— Alors, tu me raconteras. Le moment venu. Il faut que tu oublies Midian, Boone. Midian t’a déjà oublié.
Ses frissons étaient à présent glacés, mais ils annonçaient des larmes, qui jaillirent aussitôt.
— Je ne peux pas partir, je ne peux pas partir.
— Nous n’avons pas le choix, lui rappela-t-elle. Il n’y a plus que nous deux.
La douleur qui le parcourait lui faisait presque courber l’échine.
— Redresse-toi, Boone, dit-elle. Passe tes bras autour de moi. Les Enfants ne veulent pas de toi ; ils n’ont pas besoin de toi. Moi si. Boone. Je t’en prie.
Lentement, il se redressa, puis l’étreignit.
— Serre-moi fort, lui dit-elle. Serre-moi très fort, Boone.
Son étreinte se raffermit. Lorsque les mains de Lori lâchèrent son visage pour le payer de retour, son regard ne retourna pas à la nécropole. C’était elle qu’il regardait à présent.
— On va retourner à l’hôtel pour récupérer mes affaires, d’accord ? Il faut le faire. Il y a des lettres, des photos… des tas de trucs que personne ne doit trouver.
— Et ensuite ?
— Ensuite, on trouvera un endroit où personne ne pensera à venir nous dénicher, et on cherchera un moyen de prouver ton innocence.
— Je n’aime pas la lumière.
— Alors, nous resterons à l’ombre, répondit-elle. Jusqu’à ce que tu aies pris du recul par rapport à cet endroit.