Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Alors même qu’il parlait, un bruit leur parvint des profondeurs des catacombes ; un vacarme comme Lori n’en avait jamais entendu auparavant. L’espace d’un instant, elle fut persuadée qu’un tremblement de terre en était la cause, car ce bruit semblait parvenir du sol même qu'il parcourait. Mais lorsque vint une seconde vague, elle perçut quelque chose d’animal en lui : un gémissement de douleur, peut-être, ou d’extase… Il s’agissait sûrement de Baphomet « Celui qui a créé Midian », avait dit Rachel. Quelle autre voix aurait été capable de faire frémir le matériau même de ce lieu ?
Lylesburg confirma son impression.
— C’est avec lui que Boone est allé parlementer, dit-il. Ou du moins le croit-il.
— Laissez-moi aller le rejoindre.
— Il l’a déjà dévoré, dit Lylesburg. L’a pris au sein de sa flamme.
— Je veux voir par moi-même, exigea Lori.
Refusant de gaspiller un instant de plus, elle s’apprêta à pousser Lylesburg, s’attendant à une résistance de sa part. Mais ses mains plongèrent dans les ténèbres dont il était vêtu et touchèrent le mur qui se trouvait derrière lui. Il n’avait aucune substance. Il était incapable de l’empêcher d’aller nulle part.
— Il vous tuera, vous aussi.
Elle entendit cet avertissement alors qu’elle s’était déjà lancée à la poursuite du son. Bien qu’il fût tout autour d’elle, elle sentait sa source. A chacun de ses pas, il se faisait plus intense et plus complexe, des tonalités différentes, brutes, dont chacune touchait une partie différente de son corps ; la tête, le cœur, le sexe.
Un regard jeté par-dessus son épaule lui confirma ce qu’elle avait déjà deviné : Lylesburg n’avait fait aucune tentative pour la suivre. Elle franchit un coude, puis un autre, tandis que les courants qui formaient la voix continuaient de se multiplier, jusqu’à ce qu’elle avance contre eux, tête baissée, épaules courbées, comme si elle avait fait face à une tempête.
Il n’y avait à présent plus aucune chambre le long du Passage ; et par conséquent, plus aucune lumière. Il y avait cependant une lueur devant elle — froide et fugace, mais assez vive pour éclairer à la fois le sol sur lequel elle trébuchait, qui était de terre nue, et le givre argenté qui recouvrait les murs.
— Boone ? cria-t-elle. Tu es là ? Boone ?
Après ce que lui avait dit Lylesburg, elle n’espérait guère obtenir de réponse, mais elle en reçut une. La voix de Boone vint à sa rencontre depuis le noyau de lumière et de son qui se trouvait devant elle. Mais tout ce qu’elle put entendre au milieu du vacarme fut :
— Non…
« Non quoi ? » se demanda-t-elle.
Non, n’approche pas davantage ? Non, ne me laisse pas ici ?