Back Cabale
Chapters (30)
  1. Loco
  2. ILa vérité
  3. IIEnquête
  4. IIILe rhapsode
  5. IVNécropole
  6. VL’autre singe
  7. VIDes pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VIIRoutes difficiles
  10. VIIIL’endroit de sa chute
  11. IXContact
  12. XSoleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XILe terrain de chasse
  15. XIIEn dessus et en dessous
  16. XIIIL’enfant prophétique
  17. XIVLe Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XVLe prix à payer
  20. XVIMaintenant ou jamais
  21. XVIIDélire
  22. XVIIILa colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIXUn visage sans amis
  25. XXPulsions
  26. XXICe désir-là
  27. XXIILe triomphe du Masque
  28. XXIIILa traque
  29. XXIVCabale
  30. XXVReste avec moi

La masse de Decker avait été jusque-là animée de tremblements. Ils cessèrent à présent. Chaque muscle de son corps se rigidifiait alors que lui apparaissait clairement l’explication de tous ces mystères.

— C’est vous qui m’avez jeté aux mains des monstres, Decker. Et je suis devenu l’un d’eux. Pas un monstre comme vous. Pas un monstre dénué d’âme. (Il attira Decker tout contre lui, immobilisant son visage à quelques centimètres du masque.) Je suis mort, Decker. Vos balles ne signifient rien pour moi. Midian coule dans mes veines. Ça veut dire que je pourrai toujours guérir. Mais vous…

La main qui caressait le masque agrippait à présent son tissu.

—…vous, Decker… quand vous mourrez, ce sera pour de bon. Et je veux voir votre visage quand ça arrivera.

Boone tira sur le masque. Celui-ci était solidement arrimé et refusa de venir. Il dut enfoncer ses griffes dans le tissu et le déchirer pour révéler la vérité suante qui se tapissait sous lui. Combien d’heures avait-il passées à observer ce visage, accroché au moindre de ses sourires approbateurs ? Autant de temps perdu. La véritable condition du guérisseur se révélait : perdu, faible, sanglotant.

— J’avais peur, dit Decker. Vous me comprenez, n’est-ce pas ? Ils allaient me trouver, me punir. J’avais besoin de quelqu’un pour endosser le blâme.

— Vous n’avez pas choisi l’homme qu’il fallait.

—L’homme ? dit doucement une voix dans les ténèbres. Tu te considères comme un homme ?

Boone admit son erreur.

Le monstre, dit-il.

Un rire lui répondit. Puis :

— Eh bien, tu vas le tuer, oui ou non ?

Boone détourna les yeux de Decker pour les diriger vers la créature qui était assise sur une tombe. Son visage n’ était qu’une masse de tissu scarifié.

— Est-ce qu’il se souvient de moi ? demanda-t-elle.

— Je ne sais pas, dit Boone. Vous vous rappelez ? demanda-t-il à Decker. Il s’appelle Narcisse.

Decker le regarda sans rien dire.

— Un autre membre de la tribu de Midian, dit Boone.

— Je n’ai jamais été sûr de lui appartenir, dit Narcissed’un air songeur. Pas avant que j’aie ôté les balles de mon visage. Je n’arrêtais pas de penser que c’était un rêve.

— Tu avais peur, dit Boone.

— Oui. Tu sais ce qu’ils font aux hommes naturels.

Boone acquiesça.

— Alors, tue-le, dit Narcisse. Dévore-lui les yeux ou je le ferai à ta place.

— Pas avant d’avoir obtenu une confession.

— Une confession…, dit Decker, dont les yeux s’écarquillèrent à la pensée d’un sursis. Si c’est ça que vous voulez, dites-le.

Il se mit à fouiller dans sa veste, comme s’il cherchait un stylo.

— Qu’est-ce que tu en as à foutre d’une confession ? dit Narcisse. Tu crois que quelqu’un pourra encore te pardonner ? Regarde-toi !