Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Le résultat dépassa ses espérances. Lorsque Ashbery émergea finalement des profondeurs, après avoir passé deux mois à l’article de la mort, il était volubile. Dément, mais volubile. Il nomma Baphomet. Il nomma Cabale. Il raconta, dans les hiéroglyphes désespérés des fous, comment les Enfants de la Nuit avaient emporté au loin les fragments de leur divinité afin de les mettre à l’abri. Et plus encore. Il prétendait pouvoir les retrouver. Touché par le feu du Baptiseur, et par ceux qui y avaient survécu, il voulait à nouveau y goûter.
— Je sens Dieu, répétait-il sans cesse.
— Pouvez-vous nous conduire à Lui ? demandait Eigerman.
La réponse était toujours oui.
— Je serai vos yeux, alors, proposait Eigerman. Nous irons ensemble.
Personne d’autre ne voulait des preuves offertes par Ashbery, il y avait déjà trop d’absurdités à prendre en compte pour que l’on ajoute celles-ci au fardeau de la réalité. Ce fut avec joie que les autorités confièrent la garde du prêtre à Eigerman. Ils se méritaient bien l’un l’autre, telle était l’opinion de tous. Il n’y avait pas une seule cellule sensée dans leurs deux corps.
Ashbery était complètement dépendant d’Eigerman : incapable, du moins au début, de se nourrir, de chier ou de se laver sans son aide. En dépit de la répugnance qu’il avait à s’occuper de ce débile, Eigerman savait qu’Ashbery était un don de Dieu. Grâce à lui, il pourrait peut-être se venger des humiliations qu’il avait subies lors des derniers instants de Midian. Il y avait dans les délires d’Ashbery un code qui lui révélerait l’endroit où l’ennemi se terrait. L’heure viendrait où il déchiffrerait ce code.
Et quand il y parviendrait — oh ! quand il y parviendrait—, il viendrait un jour de vengeance à côté duquel le Jugement dernier paraîtrait bien pâle.
2
Les visiteurs arrivèrent durant la nuit, avec discrétion, et prirent refuge partout où ils le purent.