Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Ce tunnel était probablement un conduit d’évacuation. La fillette se faufila à travers une accumulation de débris, ne s’arrêtant que pour écarter le cadavre d’une musaraigne qui était venue mourir ici. La proximité des voix se faisait inquiétante.
— Et moi, je dis qu’on va commencer à ouvrir les tombes jusqu’à ce qu’on ait trouvé quelqu’un à ramener en ville.
—J’ai pas envie de ramener un souvenir d’ici.
— Merde, Pettine, je veux des prisonniers ! Autant de ces salauds qu’on pourra en dénicher.
— Est-ce qu’on devrait pas d’abord appeler le chef ? demanda une quatrième voix, qui ne s’était pas fait entendre jusque-là. Peut-être qu’il a de nouvelles instructions à nous donner.
— Que le chef aille se faire foutre, dit Pettine.
— Seulement s’il le demande poliment, fut la réponse de Cas.
Au milieu des rires qui s’ensuivirent, on échangea plusieurs remarques, en général obscènes. Pettine imposa silence aux rieurs.
—O.K. Perdons pas de temps et finissons-en.
— Le plus tôt sera le mieux, dit Cas. Tu es prêt, Tommy ?
— Toujours prêt.
La source de lumière vers laquelle Babette était en train de ramper devint visible : une ouverture grillagée à flanc de tunnel.
Ne va pas au soleil, pensa brusquement Lori.
Ça ira, répondit mentalement Babette. De toute évidence, ce n’était pas la première fois qu’elle utilisait ce poste d’observation. Pareille à un prisonnier sans espoir de libération, elle se distrayait comme elle le pouvait pour passer le temps. Une de ses distractions consistait à observer le monde extérieur, et elle avait bien choisi son point de vue. L’ouverture donnait directement sur les allées, mais était placée de telle façon sur le mur du mausolée que le soleil ne l’éclairait jamais directement. Babette approcha son visage de la grille pour mieux distinguer ce qui se passait au-dehors.
Lori aperçut trois des quatre hommes. Ils étaient tous en uniforme ; tous — en dépit de leurs bravades — auraient apparemment souhaité se trouver n’importe où ailleurs qu’ici. Même en plein jour, armés jusqu’aux dents et en sécurité au soleil, ils étaient mal à l’aise. Il n’était guère difficile de deviner pourquoi. S’ils étaient venus chercher des prisonniers dans un ghetto mal fréquenté, on n’aurait vu sur leurs visages ni regards inquiets ni tics nerveux. Mais ce territoire était celui de la Mort, et ils avaient l’impression d’être des intrus.
En de tout autres circonstances, elle aurait tiré grand plaisir de leur déconfiture. Mais pas ici, pas maintenant. Elle savait de quoi étaient capables des hommes terrifiés, et terrifiés par leur propre terreur.
Ils vont nous trouver, pensa Babette.
Espérons que non, répondit-elle mentalement.
Oh si, ils vont nous trouver, dit l’enfant. Le Prophète l’a dit.
Qui ça ?