Chapters (30)
- Loco
- ILa vérité
- IIEnquête
- IIILe rhapsode
- IVNécropole
- VL’autre singe
- VIDes pieds d’argile
- La mort est une garce
- VIIRoutes difficiles
- VIIIL’endroit de sa chute
- IXContact
- XSoleil et ombre
- Ages sombres
- XILe terrain de chasse
- XIIEn dessus et en dessous
- XIIIL’enfant prophétique
- XIVLe Tabernacle
- Saints et pécheurs
- XVLe prix à payer
- XVIMaintenant ou jamais
- XVIIDélire
- XVIIILa colère des vertueux
- La bonne nuit
- XIXUn visage sans amis
- XXPulsions
- XXICe désir-là
- XXIILe triomphe du Masque
- XXIIILa traque
- XXIVCabale
- XXVReste avec moi
Il était ainsi occupé lorsqu’il entendit grincer les planches du perron. Il laissa le bandage tomber de ses mâchoires. La porte s’ouvrit. Sur le seuil se trouvait la silhouette d’un homme dont le nom était connu de Boone bien que son visage fut de ténèbres. C’était l’eau de Cologne de Decker qu’il sentait ; le battement de cœur de Decker qu’il entendait ; la sueur de Decker qu’il goûtait dans l’air qui les séparait.
— Ah, dit le docteur. Vous êtes là.
Des forces se rassemblaient dans la rue à la lueur des étoiles. Grâce à l’acuité surnaturelle de ses oreilles, Boone entendit le son des murmures nerveux, celui des vents lâchés par des entrailles nouées, et celui des armes que l’on chargeait pour abattre le dément au cas où il aurait cherché à s’enfuir.
— Comment m’avez-vous retrouvé ? dit-il.
— Narcisse, c’est ça ? dit Decker. Votre ami de l’hôpital ?
— Est-ce qu’il est mort ?
— J’en ai peur. Il est mort en combattant.
Decker fit un pas à l’intérieur de la maison.
— Vous êtes blessé, dit-il. Qu’est-ce que vous vous êtes fait ?
Quelque chose empêcha Boone de lui répondre. Parce que les mystères de Midian étaient si bizarres qu’il ne serait jamais cru ? Ou parce que leur nature n’était nullement l’affaire de Decker ? Cette dernière hypothèse était sûrement fausse. L’acharnement que Decker mettait à comprendre le monstrueux ne pouvait pas être mis en doute. Qui pouvait être plus apte à partager cette révélation avec lui ? Il hésita cependant.
— Dites-le-moi, insista Decker. Comment avez-vous été blessé ainsi ?
— Plus tard, dit Boone.
— Il n’y aura pas de plus tard. Je pense que vous le savez.
— Je survivrai, dit Boone. Ce n’est pas aussi grave que ça en a l’air. Du moins, ça ne fait pas mal.
— Je ne parle pas de votre blessure. Je parle de la police. Ils vous attendent.
— Je sais.
— Et vous n’allez pas vous rendre comme ça, n’est-ce pas ?
Boone n’était plus sûr de le savoir. La voix de Decker évoquait tellement la sécurité pour lui qu’il croyait presque que tout pourrait redevenir possible, si seulement le docteur le voulait.
Mais Decker ne parlait plus de sécurité désormais. Seulement de mort.
— Vous êtes un assassin récidiviste, Boone. Un homme désespéré. Dangereux. Ça n’a pas été facile de les convaincre de me laisser vous approcher.
— Je suis heureux que vous l’ayez fait.
— J’en suis heureux, moi aussi, répondit Decker. Je voulais avoir une chance de vous dire adieu.
— Pourquoi est-ce que ça doit se passer comme ça ?
— Vous le savez bien.
En fait, il n’en savait rien. Ce qu’il savait, avec de plus en plus de certitude, c’était que Peloquin avait dit la vérité.