Back Cabale
Chapters (30)
  1. Loco
  2. I La vérité
  3. II Enquête
  4. III Le rhapsode
  5. IV Nécropole
  6. V L’autre singe
  7. VI Des pieds d’argile
  8. La mort est une garce
  9. VII Routes difficiles
  10. VIII L’endroit de sa chute
  11. IX Contact
  12. X Soleil et ombre
  13. Ages sombres
  14. XI Le terrain de chasse
  15. XII En dessus et en dessous
  16. XIII L’enfant prophétique
  17. XIV Le Tabernacle
  18. Saints et pécheurs
  19. XV Le prix à payer
  20. XVI Maintenant ou jamais
  21. XVII Délire
  22. XVIII La colère des vertueux
  23. La bonne nuit
  24. XIX Un visage sans amis
  25. XX Pulsions
  26. XXI Ce désir-là
  27. XXII Le triomphe du Masque
  28. XXIII La traque
  29. XXIV Cabale
  30. XXV Reste avec moi
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— De quoi tu peux te passer le plus facilement ? dit l’homme.

— Inutile, dit une voix féminine avant que Kœstenbaum n’ait eu le temps de choisir entre sa vue et son sexe.

— Laisse-moi faire ça, dit Narcisse.

— Non, murmura Kœstenbaum. Je vous en supplie… ne le laissez pas faire.

La femme apparut devant lui. Les parties de son corps qui étaient visibles semblaient relativement naturelles, mais il aurait hésité à parier sur ce qui se trouvait sous son chemisier. Elle avait plus de tétons qu’une chienne, fort probablement. Il était dans les griffes des monstres.

— Où est Boone ? dit-elle.

Il ne servait à rien de risquer ses couilles, son œil ou le reste. Ils trouveraient le prisonnier avec ou sans son aide.

— Ici, dit-il en jetant un regard vers la cellule 5.

— Et les clés ?

—A ma ceinture.

La femme tendit la main et décrocha le trousseau.

— Laquelle ? dit-elle.

— L’étiquette bleue, répondit-il.

— Merci.

Elle passa près de lui pour se diriger vers la porte

— Attendez…, dit Kœstenbaum.

— Qu’y a-t-il ?

—… dites-lui de me laisser tranquille.

— Narcisse, supplia-t-elle.

Le crochet qui se trouvait près de son œil se retira, mais l’autre dardait toujours vers son bas-ventre.

— Il faut faire vite, commanda Narcisse.

— Je sais, répondit la femme.

Kœstenbaum entendit la porte s’ouvrir. Il jeta un regard dans sa direction et vit la femme pénétrer dans la cellule. Lorsqu’il se retourna vers son agresseur, le poing de celui-ci se précipitait vers son visage, et il s’effondra sur le sol, la mâchoire triplement fracturée.

3

Cormack s’était vu infliger le même coup de poing sommaire, mais il était déjà en train de tomber lorsqu’il l’avait reçu et, au lieu de plonger dans une inconscience totale, il avait été simplement étourdi et n’avait guère eu de mal à se ressaisir. Il rampa jusqu’à la porte et se releva à la force du poignet. Puis il s’avança en trébuchant dans la rue. La plupart des citoyens de Shere Neck étaient déjà rentrés chez eux, mais il circulait encore quelques véhicules dans la rue, et le spectacle d’un flic marchant à cloche-pied au milieu de la chaussée, les bras levés vers le ciel, suffit pour interrompre la circulation.

Mais alors même que conducteurs et passagers descendaient de leurs voitures et de leurs camions pour lui venir en aide, Cormack sentit son organisme succomber au choc que lui avait causé sa blessure. Les paroles prononcées par ses sauveurs ne parvinrent à son esprit embrouillé que sous forme d’absurdités.

Il pensa (espéra) que quelqu’un disait :

— Je vais chercher une arme.

Mais il ne pouvait pas en être sûr.

Il espéra (pria) que sa langue pendante leur avait dit où trouver les félons, mais il en était encore moins sûr.

Alors que le cercle de visages s’estompait autour de lui, il se rendit cependant compte que son pied sanglant avait dû tracer une piste qui les conduirait aux criminels. Réconforté, il s’évanouit.